Le chamanisme, source de la médecine chinoise

Chamanisme et médecine chinoise – conférence audio et transcription

Conférence chamanisme et médecine chinoise à Versailles – janvier 2026

En janvier 2026, j’ai donnée une conférence « Le chamanisme, source de la médecine chinoise » auprès de l’association de Qi Gong de Versailles. Vous pouvez écouter l’enregistrement audio de la conférence et lire la transcription complète ci-dessous, afin de la vivre ou la revivre comme si vous y étiez.

Au cours de cette conférence, j’ai proposé un voyage aux origines de la médecine traditionnelle chinoise, en revenant à ses racines chamaniques. Bien avant d’être une médecine structurée en concepts, la médecine chinoise était une voie de relation avec le vivant, fondée sur l’observation de la nature, la circulation du Qi, la conscience et le lien entre le ciel, la terre et l’être humain.

J’y ai expliqué ma vision du chamanisme, son rôle auprès de l’humanité depuis le paléolithique, et en quoi il constitue le socle spirituel et énergétique de la médecine chinoise. J’ai également partagé mon parcours personnel, ma rencontre avec mon maître Lao Kang Wen, et la manière dont cette transmission continue de nourrir ma pratique actuelle, notamment à travers le soin par projection du Qi et les consultations à distance.

Cette conférence s’adresse aussi bien aux pratiquants de Qi Gong qu’à toute personne intéressée par une approche globale, vivante et consciente de la santé.

Découvrez l’enregistrement audio : Conférence chamanisme et médecine chinoise

Retranscription complète de la conférence Chamanisme et médecine chinoise

 » Bonsoir à tous, je suis très heureux d’être parmi vous, de vous rencontrer. Je remercie Thierry et toute l’association de Qi Gong de Versailles de m’avoir gentiment invité à tenir cette conférence ce soir sur le chamanisme et la médecine chinoise pour que je puisse faire des ponts entre les deux. C’est vraiment ce que Marie m’a demandé.

Alors j’avais le choix ce soir, quand j’ai réfléchi à comment j’allais vous présenter les choses, soit je pouvais vous présenter ça de façon très académique, je dirais presque scolaire, mais je n’en ai pas envie car ça va être barbant aussi bien pour vous que pour moi, soit je pouvais vous présenter ça de manière beaucoup plus vivante en vous parlant de mon expérience et de la manière dont j’ai appris les choses et comment j’en suis venu à ce que ça fasse vraiment partie intégrante de mon existence aujourd’hui. Ce n’est pas juste une activité professionnelle, c’est vraiment ma vie aujourd’hui. La médecine chinoise et le chamanisme, c’est vraiment devenu ma vie. Voilà, donc je préfère vous présenter les choses de cette manière-là, je trouve que ça va être beaucoup plus chouette.

Comment est-ce que j’ai rencontré le chamanisme ? Alors ce qu’il faut vous dire d’abord c’est que, j’ai d’abord appris la médecine chinoise. Et comme je dis souvent quand je fais des conférences ou que je donne des stages, la médecine chinoise, c’est ma base.

Avant le chamanisme, la médecine chinoise c’est ma base. C’est ce que j’ai appris en premier. Je suis rentré à l’école de médecine chinoise à l’âge de 17 ans. J’ai suivi le cycle classique en France. Puis, je suis allé faire mes stages cliniques à Shanghai. J’ai aussi suivi en parallèle une formation de Qi Gong, car à l’époque ça ne faisait pas partie de la formation de médecine chinoise traditionnelle, en France en tout cas. J’ai donc suivi une formation de qi gong, que j’ai enrichi lorsque j’étais en Chine en allant à des cours tous les après-midis et en allant avec les Chinois le matin dans les parcs. Donc j’ai fait vraiment le cycle classique de la médecine chinoise. Puis, j’ai continué en faisant comme spécialités la diététique chinoise, la pharmacopée chinoise, la gynécologie, la psychologie et le Tuina.

Lorsque je suis rentré de Chine, j’ai ouvert mon cabinet de praticien de médecine traditionnelle chinoise en France, tout en continuant de suivre régulièrement des cours et des stages de Qi Gong. Et un jour mon prof de Qi Gong que je suivais à ce moment-là – qui enseignait le Qi Gong de Mantak Chia – me dit : « Ecoute ça va t’intéresser, il y a un Maitre de Qi Gong qui vient donner un stage de Shaolin Qi Gong à Nantes. Et c’est un chinois, un cantonais. Je pense que ça va t’intéresser parce qu’il me semble qu’il fait aussi de la médecine chinoise ».

Conférence chamanisme et médecine chinoise à Versailles – Eric Delafontaine
Conférence « Le chamanisme, source de la médecine chinoise » – Versailles, janvier 2026

Et c’est comme ça que j’ai rencontré Maître Lao Kang Wen en 2002 et ça a changé ma vie. C’était un chinois et il a été avec moi comme si j’étais chinois aussi. Il s’est passé quelque chose pendant ce premier stage avec lui ! On était à peu près aussi nombreux que nous sommes là aujourd’hui à ce stage, on devait être une quarantaine de personnes.

Et tout de suite j’ai vu qu’il avait une façon très étrange d’enseigner, ça c’était la première chose. Bien sûr il nous a fait faire des pratiques en nous montrant des enchaînements de Shaolin Qi Gong, ça c’était normal, ça avait l’air normal. Mais il nous faisait aussi faire des sessions pendant lesquelles il nous faisait nous positionner comme si on allait faire du Qi Gong en étant répartis dans la salle. Il mettait alors de la musique, il se connectait à l’énergie cosmique – comme il disait – et il nous envoyait l’énergie. Il nous transmettait son enseignement de cette manière-là. En fait il ne nous montrait plus rien, il transmettait à notre corps, à notre énergie vitale, les mouvements et l’énergie de ce Qi Gong-là. Et on devait se laisser faire. Ça, c’était le plus difficile. On devait se laisser faire par l’énergie qu’on recevait.

Moi la première matinée, ça a été une catastrophe parce que j’étais à un bout de bois. J’étais là, j’attendais qu’il se passe quelque chose. Je voyais les autres qui commençaient à bouger, à faire des mouvements, et moi, je ne ressentais pas grand-chose. J’étais frustré. Et à un moment, ça devait être vers la fin de la matinée, Maitre Lao vint me voir. Il a demandé à son interprète de venir car il ne parlait pas le français, ni même l’anglais, il ne parlait que le cantonais. Je crois qu’il ne parlait même pas le mandarin, il ne parlait que le cantonais.

Donc il demande à son interprète de venir, il vient à côté de moi. Et il me dit par l’intermédiaire de son interprète : « Il faut que tu te détendes, il faut que tu me laisses faire, si tu ne me laisses pas faire, tu ne profiteras pas et tu ne recevras pas ». Et il s’est vraiment passé quelque chose suite à cela. Je pense qu’il a dû appuyer pour que ça passe malgré mes résistances, car ça a fini par passer. Je me suis mis à faire des mouvements que je ne connaissais pas, même des mouvements qui à mon avis dépassaient le Qi Gong. D’ailleurs, dans la salle, parmi les participants, il y avait des gens qui faisaient des arts martiaux, dont du Kung-Fu, et certains sont venus me voir à la fin, pour me demander si je pratiquais le Kung-Fu. Je leur répondais que je n’avais jamais fait de Kung-Fu, mais que les mouvements m’étaient venus, qu’ils m’avaient traversé. Et, je ne sais pas, Maître Lao a dû sentir quelque chose en moi (de propice ou de fertile). Je n’ai pas d’explication. Il ne m’en a pas donné là-dessus en tout cas, mais il s’est occupé de moi.

A toutes les pauses de midi pendant ce stage, il est venu me voir pour me demander : « Tu manges où ce midi ? » Toujours avec son interprète, je ne vais pas vous le dire à chaque fois, mais il demandait à chaque fois à son interprète. Celui-ci a dû vite en avoir marre de moi, parce que maître Lao voulait tout le temps me parler : « Tu manges où ce midi ? » Moi : « Je pense que je vais aller chercher un sandwich. » Maitre Lao : « Non, non, tu viens, tu manges avec nous ». Au resto, il m’a fait mettre en face de lui, et il n’a pas arrêté, soit de me parler, soit de me montrer des choses, des choses avec la nourriture, comment il travaillait l’énergie des aliments, comment il travaillait ses cigarettes, parce qu’il fumait comme un pompier, mais il disait, il prenait ses cigarettes comme ça : « Tu sais, il n’y a plus ni goudron ni rien de nocif là-dedans ». Il les nettoyait en fait avant de les fumer. Il m’a montré plein de choses, et il m’a dit plein de choses, et c’est ça que je voudrais vous partager ce soir.

Au cours de ce premier stage, j’ai vraiment senti qu’il s’était passé quelque chose avec lui. Puis, je suis retourné à ma vie, j’ai continué ma pratique, etc. Et puis il est revenu en fin d’année. Il a dû revenir en novembre, la deuxième fois. Cette fois-là, le matin du premier jour, je suis arrivé en retard , ce qui ne se fait pas chez les Chinois normalement. Si vous connaissez suffisamment les Chinois, vous savez que c’est très mal vu d’être en retard. Par exemple, cette conférence devait commencer à 19h30. Si on avait été en Chine, les portes auraient été fermées à clé à 19h30. J’ai connu ça à Shanghai. Moi ça ne m’est jamais arrivé, mais il y en a qui sont arrivés en retard en cours et la prof avait fermé la porte à clé avant de démarrer son cours. Si vous étiez en retard, vous restiez dehors, dans le couloir. Ça ne vous arrive qu’une fois, après tout le monde est à l’heure. C’est la façon de faire des Chinois.

Ce matin-là, j’arrive en retard. Je rentre dans le vestiaire, je me change, et je Maitre Lao qui allait sortir du vestiaire pour rentrer dans la salle de pratique. Il est de dos par rapport à moi. Je me dis : « Bon, je le verrai plus tard ». Et à ce moment-là, il se retourne, et il me voit.

Ce qu’il faut savoir si vous ne connaissez pas bien les Chinois, c’est que les Chinois, ils ne touchent pas les Blancs. Ça ne leur plaît pas. Quand j’ai été travailler à l’hôpital à Shanghai, c’était compliqué de convaincre les patients de se laisser toucher par des Blancs pour les soigner, c’était toujours très compliqué. Souvent, les médecins chinois étaient obligés de négocier avec les patients pour que ce soit nous qui nous occupions d’eux. Il m’est arrivé une fois de faire une bêtise dans un magasin à Shanghai. Je voulais acheter du thé. Je montre à la vendeuse le thé que je veux avec des gestes car je ne parlais pas chinois. Mais toutes les boîtes de thé étaient derrière elle. Je la vois se tourner, mais elle ne met pas la main sur la bonne boîte. Alors, comme elle avait laissé son autre main sur le comptoir, je tapote avec mon doigt comme ça sur sa main, pour lui demander de se retourner. Elle s’est bien retournée, mais elle m’a fusillé du regard. Ah oui j’ai fait des conneries ! Vous voyez, ils ne supportent pas de toucher les Blancs.

Je reviens à mon histoire. Je suis dans le vestiaire, je m’apprête à me changer et je vois Maître Lao de dos qui s’en va dans la salle. Il se retourne, me voit. Il traverse alors le vestiaire et il me prend dans ses bras. Et là je me suis dit, waouh, il se passe vraiment quelque chose. Et ce stage-là, non seulement je mangeais avec lui le midi, mais je n’ai pas eu une seule pause. C’est-à-dire qu’à chaque fois qu’il y avait des pauses au milieu de la matinée, au milieu de l’après-midi : « Non, non, tu restes ». Et il me faisait pratiquer, et il m’apprenait des choses, et il m’a expliqué comment canaliser l’énergie cosmique, comment la transformer, comment l’utiliser pour faire des soins, en très peu de temps. J’ai fait trois stages de deux jours avec lui, c’est tout.

Et je pense que même aujourd’hui, je ne suis pas encore conscient de tout ce qu’il m’a transmis. Je pense qu’il… Alors, c’est vraiment ce que je pense, je ne sais pas, parce qu’il n’est plus là. Malheureusement, Maitre Lao Kang Wen est décédé en novembre 2004, donc deux ans après que je l’ai rencontré.

Il est décédé alors qu’il était en Thaïlande au moment du tsunami qu’il y a eu en Asie-Sud-Est en novembre 2004. Il est décédé à ce moment-là. Donc, je n’ai pas plus eu de… de connexion spatio-temporelle dans cette vie-ci avec lui, mais je pense qu’il m’a énormément, énormément, énormément transmis, qu’il a bien semé des graines en moi, ce qui fait que je vous en parle encore aujourd’hui. C’était quand même en 2002, ça fait plus de 20 ans, et ça compte encore énormément dans ma vie et dans ma pratique aujourd’hui.

Il s’est vraiment passé quelque chose à ce moment-là. J’en ai pris conscience quand il m’a pris dans ses bras. J’ai senti en plus qu’il y avait vraiment une force en lui, et je pense qu’il a voulu (ou fait en sorte) que je sois un peu le dépositaire de sa façon de faire, de sa façon de travailler. Et c’est pour cela qu’il m’a appris énormément en très peu de temps. C’est vrai que j’ai été très à l’écoute à chaque fois qu’il parlait. Je dirais même qu’à chaque phrase qu’il me disait ou à chaque geste que je le voyais faire, j’étais extrêmement attentif. J’étais plein de respect. Je le considérais vraiment comme un maître. C’en était un ! Et j’étais vraiment dans la gratitude lors de ces moments que j’ai pu vivre avec lui. En plus, je ne savais pas à ce moment-là que ça n’allait pas durer longtemps.

Une des premières choses qu’il m’a enseignées, c’est à propos du chamanisme et de la médecine chinoise. Je savais qu’il était chamane. Ce n’est pas lui qui me l’avait dit, c’etait mon prof de Qi Gong qui l’avait fait venir. Il m’avait dit « Oui il est praticien de médecine chinoise, et il me semble bien qu’il est chaman aussi, mais tu lui demanderas. » Donc je lui ai demandé à un moment donné : « Mais c’est quoi alors ? Parce qu’il paraît que tu fais du chamanisme aussi, mais c’est quoi exactement ? » Je ne connaissais pas grand-chose du chamanisme à ce moment-là. La médecine chinoise, j’avais l’impression de bien la connaître à ce moment-là, mais pas le chamanisme

Avec l’âge, je comprends mieux maintenant mon vieux professeur de Shanghai qui avait plus de 70 ans et qui disait qu’il ne connaissait qu’un tout petit morceau de la médecine chinoise. Je commence vraiment à le ressentir ça maintenant. Mais à l’époque, je croyais que je connaissais vachement bien la médecine chinoise. Je n’avais pas 30 ans. Je croyais que j’étais une bête en médecine chinoise à ce moment-là. Mais en chamanisme, je ne connaissais rien.

Donc je lui ai demandé, « Qu’est-ce que tu fais en fait ? Parce qu’il paraît que tu fais aussi du chamanisme. » « Oui, effectivement. » Il me dit « Tu sais, en fait, il n’y a pas beaucoup de différence entre le chamanisme et la médecine chinoise. C’est la même chose. » Je lui ai dit « C’est quoi le chamanisme ? » « Le chamanisme, déjà, ce n’est pas une religion. Et puis, contrairement à ce que vous pouvez penser dans vos pays, ce n’est pas de la magie non plus. Le chamanisme, c’est vraiment une façon d’être et une façon d’être en relation avec le vivant, avec tout ce qui est vivant, avec tout ce qu’on pense qui est vivant, mais aussi avec tout le reste. Parce qu’il y a des êtres vivants visibles et des êtres vivants invisibles. Parmi eux, il y en a certains qui ne vous semblent pas vivants alors qu’ils le sont tout autant que vous : les rochers, les plantes, les animaux, les arbres, les étoiles, le soleil, la terre, les volcans, etc. Tout ça, ce sont des êtres vivants. Le chamanisme, c’est se mettre en relation avec le vivant. C’est vraiment ça. »

Et à partir du moment où il a commencé à me parler, j’ai voulu en savoir de plus en plus. « Mais alors, qu’est-ce que tu fais exactement ? » « Le chamane ou le médecin chinois, c’est pareil, il est là pour soigner depuis très longtemps. Tu trouveras des traces de chamanisme dans toutes les cultures traditionnelles du monde parce que c’est la plus ancienne forme de spiritualité et la plus ancienne forme de thérapie qui existe. À partir du moment où la conscience de l’être humain a commencé à se développer et à essayer de voir autre chose que la survie, c’est apparu. »

Les premières traces qu’on a du chamanisme – ça, ce n’est pas lui qui me l’a dit – c’est au moins 40 000 ans avant nous. Le paléolithique. Il y a certains spécialistes qui ont d’ailleurs émis l’hypothèse – on n’a pas de preuves, mais les chamanes sont d’accord avec ça – que les peintures et les gravures rupestres, ce sont des descriptions visuelles de voyages chamaniques.

« Alors, qu’est-ce qu’il fait le chamane ? Qu’est-ce que tu fais ? » « Eh bien, le chaman, il est censé soigner. C’est son rôle premier, de soigner. Il est censé guider. Et surtout, son plus grand travail, c’est de rétablir l’harmonie. Tu vois ? » Alors, ça, ça m’a tout suite parlé car c’est vraiment le langage, l’esprit et le but de la médecine chinoise. Ce soir, je vais plus vous parler du chamanisme qui est à l’origine de la médecine chinoise, parce que c’est vraiment celui-là que je l’ai appris. Bien-sûr, il y a d’autres formes, mais ce n’est pas mon propos

En médecine chinoise, on parle d’énergie. Il m’explique : « Tu vois l’énergie, tout est de l’énergie. Et bien, moi, mon rôle, comme tout est de l’énergie, c’est de rétablir l’harmonie entre les choses qui ne sont plus en harmonie ». Il me dit : « Tu sais bien qu’en médecine chinoise, la pathologie, la maladie, les problèmes – pas que de santé -, c’est parce qu’il y a un déséquilibre. C’est ça que tu as appris, que c’est dû à différents déséquilibres. »

« Oui, c’est ça. Mais je n’ai appris que pour la maladie ». « Oui, mais c’est bon pour tout.

Et en fait, nous, ce qu’on est censé faire… » Et là, il a commencé à m’impliquer dans ce qu’il faisait car il est passé au nous. Il y a eu des moments où il ne disait plus je, il disait nous. « Nous, notre rôle, c’est de rétablir l’harmonie entre les différents plans. On rétablit l’harmonie entre la partie spirituelle, la partie mentale, la partie émotionnelle, la partie physique d’une personne. On rétablit l’harmonie entre les différentes parties de cette personne-là. En médecine chinoise, tu rétablis l’harmonie entre les différents organes, mais pas que. Tu rétablis aussi l’harmonie entre les différents secteurs de sa vie, entre son passé, son présent et son futur. Tu rétablis l’harmonie entre elle et son environnement, la nature. Tu rétablis l’harmonie entre les différentes personnes de sa famille et elle. Tu rétablis l’harmonie entre les différentes personnes de son clan, de sa tribu et elle. Tu rétablis l’harmonie entre ses Ancêtres et elle. Tu fais en sorte que grâce à cela, elle sache vraiment qui elle est. Tu la libères ainsi de ses traumatismes, tu la libères de ses conditionnements, tu la libères de ses programmes, tu la libères de son histoire qui lui fait croire qu’elle est une personne pour qu’elle arrive à connaître ce qu’il y a dans son cœur, le Shen dont on parle en médecine chinoise. C’est ça qu’on fait. Tu fais une partie avec la médecine chinoise et le reste, c’est le chamanisme qui s’en occupe, mais c’est la même chose. C’est la même chose. »

On mettait en plein les pied dans la médecine chinoise parce que ce dont il me parlait, effectivement, je voyais bien la médecine chinoise là-dedans. Le concept de globalité, le fait qu’effectivement, il faut considérer la personne comme un tout, avec tout ce qu’elle est, je m’y retrouvais complètement. Mais il me dit : « Tu sais, la médecine chinoise, ses racines, son origine, sa source, c’est le chamanisme. » Alors là, sur le moment, ça m’a quand même scotché. Il me dit : « Oui, c’est la même chose ».

Il me dit : « Tu crois qu’ils ont trouvé ça où, le concept de l’énergie, le concept de globalité ? Tu crois qu’ils ont trouvé ça où, ce concept magnifique du Yin et du Yang avec ces deux formes d’énergies qui sont complémentaires, qui sont l’une dans l’autre, mais avec la notion de mouvement comme ça ? Tu crois qu’ils ont trouvé ça où les cinq éléments : le bois, la terre, le feu, le métal, l’eau, les forces de la nature, la connexion avec les forces de la nature, avec les Esprits de la nature ? Tu sais, au moment des origines, au moment où la médecine chinoise a été créée, tout ça, c’était en connexion. C’est-à-dire que les personnes qui ont créé la médecine chinoise, elles étaient en connexion avec les forces de la nature. C’étaient des praticiens chamaniques. Et ils étaient en connexion avec eux-mêmes, avec leur cœur, avec leur Shen. Et comment crois-tu qu’ils ont dessiné les méridiens d’acupuncture ? Comment est-ce qu’ils les ont trouvés ? Ils ne les ont pas trouvés ! Ils les voyaient, parce qu’ils étaient connectés. Nous, on a fermé nos yeux, on a fermé notre vision, on a fermé nos perceptions, on s’est conditionné, on s’est verrouillé de l’intérieur. Mais si tu parviens un jour à ouvrir tes canaux énergétiques suffisamment, tu verras, ou tu ressentiras. »

Actuellement, j’en suis rendu à ressentir, pas encore à voir. Mais il avait complètement raison.

Il me dit : « Ces méridiens là que tu as appris, ce sont des canaux énergétiques qui te traversent, qui font en sorte que tu sois nourri par tout ce qui vient du ciel. Le ciel, ce n’est pas un être vivant, mais il y a tellement d’êtres vivants dans le ciel : les étoiles, le soleil, la lune, les constellations, les éclairs, les tempêtes, les nuages. Tout ça, ça descend, ça te traverse par tes méridiens, ça vient rejoindre l’énergie de la Terre. Et la Terre, c’est aussi un être vivant. Ce n’est pas juste un bout de terre sur lequel tu es debout, c’est un être vivant. Quand tu es debout sur la Terre, c’est comme si tu étais debout sur le dos d’un cheval ou sur le dos d’un éléphant et que tu sentais la présence, la force, la vie en dessous. C’est la même chose. Et cette énergie, cette force de vie, elle te traverse et elle monte vers le ciel. En fait, tu es traversé du bas vers le haut et du haut vers le bas par cette énergie qui est une énergie de vie. En fait, tu pourrais quasiment – ça aussi, ça a été quelque chose qui m’a choqué sur le moment – ne pas manger car tu es nourri en permanence par l’énergie cosmique ».

Si on était plus proche de soi, si on était plus capable de capter en conscience ces énergies-là en ressentant la vie qui nous est transmise à travers ça, on pourrait ne pas manger.

Il me dit : « Tu peux très bien te passer de manger. Et si tu pratiques bien la médecine chinoise et tout ce que je t’enseigne, tu peux très bien te passer de manger pendant plusieurs jours, mais tu peux aussi faire un festin. Ça ne va pas plus te perturber dans un sens que dans l’autre. »

Il avait d’ailleurs un sacré coup de fourchette, Maitre Lao, je peux vous le dire. Au resto, il ne fallait pas lui en promettre. Et puis alors, il était bien chinois car il mangeait tout. Et il ne voulait pas manger autre chose que chinois. On a essayé de l’emmener manger à autre chose, ça ne lui a pas plu du tout. Il ne voulait manger que chinois. Et quand on était au resto, il mangeait tout ce qu’il y avait dans l’assiette : les carottes sculptées, les feuilles de menthe, même les tiges, tout. La seule chose que Maitre Lao ne mangeait pas, c’était la salade verte. Il disait : « Pourquoi vous mettez ça dans vos assiettes ? Ça, c’est ce qu’on donne aux cochons. » La salade verte, non. Mais tout le reste, il le mangeait. Je ne sais pas si vous connaissez le dicton de canton par rapport à la nourriture. Les cantonais, ils ont un statut spécial en Chine par rapport à la nourriture : Ils mangent tout ce qui vole dans le ciel, sauf les avions. Et ils mangent tout ce qui a quatre pattes, sauf les tables et les chaises. Ah, il avait un sacré coup de fourchette.

Donc, il m’a vraiment enseigné que la médecine chinoise tirait ses racines du chamanisme et qu’on pouvait très bien se passer de manger. Ce n’était pas vraiment cela le but. Je pense que son but, c’était plus de me faire prendre conscience de cette possibilité de connexion avec toutes les énergies qu’on utilise en médecine chinoise – et que vous utilisez en Qi Gong. Quelque part, vous faites aussi du chamanisme quand vous faites du Qi Gong. Quand vous vous connectez à l’énergie de la Terre, si vous faites ça en conscience, si vous réalisez, quand vous le faites, que la Terre en dessous de vos pieds, elle est vivante, vous faites du chamanisme. Quand vous faites descendre l’énergie du ciel, si vous réalisez ce qu’il y a derrière, ce que je vous ai dit, le soleil, la lune, les étoiles, le ciel, les nuages, les éclairs, le tonnerre, etc., que tout ça, c’est au-dessus, et que tout ça, vous le faites descendre, vous faites du chamanisme. Quand vous faites le Qi Gong des animaux, -là aussi, on est en plein dans le chamanisme – si vous invoquez vraiment l’animal, l’Esprit de l’animal, et que vous ne vous contentez pas de bouger les bras et les jambes et de respirer, mais que vous ressentez vraiment la force vitale de l’animal en vous avec ses caractéristiques, eh bien, vous faites du chamanisme. Le Qi Gong fait partie de la médecine chinoise puisque c’est l’une des cinq branches traditionnelles, au même titre que la diététique, que la pharmacopée, que l’acupuncture et que les techniques manuelles. Dans ces cinq domaines de la médecine chinoise, si on fait les choses en conscience, c’est du chamanisme. C’est ce que m’a expliqué Maître Lao ! Ce qui fait la différence, c’est la conscience et l’intention, puisque c’est l’intention qui guide l’énergie.

Quand vous faites du Qi Gong, quand on fait un soin, quel qu’il soit, quand vous mettez votre intention et que vous laissez faire, c’est plus fort qu’une technique. Moi, souvent, mes élèves – quand je donne des cours de médecine chinoise – me demandent des conseils techniques précis. En général, c’est parce qu’ils ont eu des notions ailleurs. Quand je leur dis, pour tel déséquilibre, il faudrait que vous fassiez tel point et tel point, il y en a toujours qui me demandent : « Oui, mais alors, est-ce qu’on disperse ou est-ce qu’on tonifie ? Est-ce qu’on tourne dans le sens des aiguilles d’une montre ou dans le sens inverse ? » Et en général, ils n’aiment pas ce que je leur réponds, car je leur dis : « On s’en fout. Ce qui est important, c’est l’intention que vous allez y mettre. Et votre main, elle saura ce qu’il faut faire. » En automassage, c’est pareil. Quand je leur fais faire des automassages, je leur explique ça. Je leur dis, massez avec votre intention. Lorsque vous mettez votre main ou votre doigt sur un point ou sur une zone de votre corps, ressentez. Est-ce que vous sentez que la zone est faible ? Est-ce qu’elle est vide ? Est-ce qu’elle est atone ? Est-ce qu’elle est molle ? Ou est-ce qu’au contraire, elle est tendue et crispée ? En fonction de cela, votre mental va vous dire : « Oui, il faut que je tonifie ici ou que je disperse là. » Mais laissez faire votre main. Si c’est mou, vous savez très bien qu’il faut amener d’énergie, qu’il faut densifier. Ne vous occupez pas de la technique. Laissez-vous faire par l’énergie après avoir formulé votre intention. Là, c’est mou. Moi, ce que je veux, c’est amener de la densité. Laissez faire votre main. Il n’y a pas à vous poser la question si vous devez tourner dans un sens ou dans l’autre. Vous verrez, ça n’aura pas du tout le même impact. Si vous laissez faire votre corps et votre énergie à partir de votre intention, là, le résultat va être beaucoup plus puissant.

Si vous faites votre Qi Gong de la même manière, c’est pareil, il va être beaucoup plus puissant. Quand je donne des cours de Qi Gong, je commence par leur expliquer ce qu’ils doivent faire avant de leur montrer quoi que ce soit. Ce ne sont pas les mouvements qui sont importants, c’est de ressentir. C’est ce que je commence par leur expliquer : « Ce qui m’intéresse, ce n’est pas de vous enseigner des mouvements. Oui, je peux vous enseigner des mouvements. Vous allez apprendre à bouger les bras et les jambes d’une certaine façon. Mais il va vous falloir 20 ou 30 ans pour commencer à savoir comment respirer sur ces mouvements et pour commencer à avoir un ressenti de l’énergie. Alors, on ne va pas faire comme ça, on va gagner du temps. Comment on va faire ? Vous allez déjà être attentif à ce que vous ressentez. On va faire des choses hyper simples. » Je commence toujours par des mouvements hyper simples. Ressentir. Se connecter à la terre, se connecter au ciel, se connecter à l’animal, faire l’arbre. Quand on fait l’arbre, je cherche à faire ressentir l’arbre et à devenir un arbre. A sentir la sève, les racines profondément ancrées dans la terre et que cette terre elle est vivante aussi et qu’elle nourrit l’arbre. A sentir les branches, à ressentir les feuilles, à ressentir la lumière du soleil sur vos feuilles, à ressentir la pluie qui tombe sur vos feuilles, à ressentir peut-être la neige, comme vous avez eu il n’y a pas longtemps, sur les branches. Ressentez ça. Le geste, on s’en fout dans un premier temps.

C’est ce que faisait Maître Lao quand il nous transmettait l’énergie. Il nous faisait respirer. Il nous faisait nous concentrer sur ce que nous ressentions. Et les gestes venaient tout seuls. On était vraiment dans une pratique chamanique. Parce qu’on se mettait en relation avec le vivant. C’est vraiment ça qu’il a voulu me transmettre. Ce n’est pas beaucoup plus compliqué. Ce qu’il faisait, c’était très simple. Oui, il m’a enseigné des techniques pour se connecter et canaliser l’énergie, mais c’est très simple. Je le vois d’ailleurs quand j’enseigne ces techniques. Il y a des gens qui se coupent de leurs ressentis parce qu’ils sont en train d’apprendre. Donc ils sont là, ils sont dans leur tête. Je les vois, ils apprennent la technique, et donc, ils ne ressentent rien. Et puis il y a ceux qui se mettent plus dans leur ressenti, et là, je vois tout de suite qu’il se passe quelque chose. Même s’ils font mal la technique. Ce n’est pas ça l’important. Ce qui est important, c’est de se laisser faire. Le chamanisme, c’est ça.

Un chamane, il se laisse faire. Bien-sûr, il y a des protocoles à respecter. En général, d’ailleurs, ils sont assez simples. La première étape du protocole du chamane avant qu’il commence quoi que ce soit, c’est l’ancrage. Pour ne pas trop décoller. Parce que même quand il part dans la transe, même quand il part dans le voyage shamanique, même quand il part dans le soin, même quand il part avec les Esprits, il faut qu’il reste en contact avec la Terre parce que les personnes qui l’aident sont sur Terre. C’est sur terre qu’il œuvre le chamane, ce n’est pas ailleurs. Dans le protocole du chamanisme, la première chose à faire, c’est l’ancrage. Toujours en étant dans le ressenti. L’ancrage, c’est avec la terre, la terre vivante, bien entendu.

La deuxième étape de ce protocole, avant de faire quoi que ce soit, c’est de se connecter à son Cœur. En médecine chinoise, vous savez que le Cœur, c’est le plus important, que le Cœur, c’est l’empereur. En médecine chinoise, le chef, le boss de notre vie à l’intérieur, qui contient d’ailleurs, comme par hasard, notre partie spirituelle, notre mental et nos émotions, c’est le Cœur. C’est lui l’empereur, c’est lui le boss. Le cerveau, il dépend de l’énergie des Reins. En médecine chinoise, l’énergie des Reins, c’est le ministre. Le cerveau, pour la médecine chinoise, c’est le ministre. Ce n’est pas le patron. C’est un exécutant. C’est un super exécutant, qui a des capacités extraordinaires, mais normalement, ce n’est pas lui le boss. C’est le Cœur. Les ordres doivent normalement partir du Cœur, et de qui on est véritablement dans notre Cœur. Ça c’est vraiment ce qu’on apprend aussi dans le chamanisme, c’est à découvrir qui on est véritablement dans notre Cœur, depuis qu’on est arrivé, et peut-être même avant. Et que tout ce qu’on a vécu, toute notre histoire, toute l’identité qu’on s’est forgée, en fait, ce n’est pas nous. Ce n’est pas ce qu’il y a dans notre Cœur. Notre Cœur, il est au-delà de ça, il est en dessous de ça, il est derrière ça, il est toujours là. Et vraiment, le but des soins chamaniques, et normalement des soins de médecine chinoise aussi, puisqu’il est considéré comme ça en médecine chinoise, c’est de mettre les personnes en relation avec leur Cœur véritable, pour qu’elles puissent, à partir de leur Cœur, se créer leur vie non pas en fonction de leur histoire, mais en fonction de leur Cœur.

Qu’est-ce que je voulais vous dire d’autre ? Oui, vous parler de la partie soins de Maitre Lao qui m’a aussi fait sortir ma zone de confort à ce niveau-là en me faisant voir les choses d’une manière différente. Et cela a complètement changé ma pratique de la médecine chinoise. Cela a rajouté une nouvelle dimension à ma pratique. Parce qu’effectivement, avant de le rencontrer, je faisais de la médecine traditionnelle chinoise, je faisais de l’acupuncture, etc. Maître Lao n’aimerait pas que je dise que je faisais de la médecine traditionnelle chinoise en opposition avec ce qu’il m’a enseigné car ce qu’il m’a appris, c’est aussi de la médecine traditionnelle chinoise, et peut-être même encore plus traditionnelle, puisque c’est la tradition originale. Je faisais donc de l’acupuncture, du Tuina, de la pharmacopée chinoise. Je donnais des conseils de diététique chinoise, dans un cabinet, comme un praticien de médecine traditionnelle chinoise ordinaire actuel. Et puis, j’ai vu Maitre Lao faire des soins car il proposait des soins, sur la pause du midi, une fois qu’il avait été mangé, aux personnes qui voulaient recevoir des soins. Sur le coup, ça ne m’a pas intéressé de recevoir un soin. Pas le premier jour en tout cas. Et en fait, j’ai eu des retours des personnes qui avaient reçu des soins. Et le lendemain, j’ai demandé à Maitre Lao si je pouvais assister aux soins pour voir comment il faisait.

En fait, ça ressemblait un peu à ce qu’il nous faisait faire quand on était en cours avec lui. Il prenait deux personnes à la fois. Moi, je suis incapable de faire deux soins en même temps. Je ne sais pas comment il faisait pour se diviser à l’intérieur. J’ai vu ça aussi en Chine. Une personne qui est un maître de Qi Gong thérapeutique et qui faisait des soins comme ça à deux personnes en même temps, une personne avec la main gauche et une autre avec la main droite. C’est ce que faisait Maitre Lao. Les deux personnes étaient debout en face de lui, les yeux fermés, et il faisait les soins comme ça. Il était à peu près à un mètre de distance. Je l’ai vu remettre en place une épaule, comme ça, sans toucher la personne. C’était très impressionnant la façon dont il travaillait. Il menais une cérémonie, comme lorsqu’il nous transmettait l’énergie dans le Qi Gong. Il faisait la même chose, à part qu’il était plus précis.

Et il m’a montré. Il m’a dit : « Tu vois, là, je prends tel méridien, ça bloque là. Alors, attends, on va faire comme ça. » Il était à un mètre de la personne. Il rentrait dans le méridien avec son intention. Il projetait son énergie et hop, il le dégageait. Il pouvait dire aussi : « Oh, là ça manque de feu, ça manque de Yang. On va aller chercher du feu. » Il allait chercher du feu dans le soleil ou dans la terre avec sa main. Je l’ai vu faire les deux. Et hop, il amenait le feu et le mettait là où il avait besoin dans le corps de la personne. Je l’ai vu faire plein de fois comme ça.

Et il m’a expliqué, il m’a dit : « Tu sais, tu as vachement de limites, en fait. Toi, tu penses qu’il faut que tu touches les gens pour que ça marche. Mais quand tu masses un point d’acupuncture ou une zone d’un méridien tendino-musculaire avec ta main, que tu sois à un centimètre, à dix centimètres, à un mètre, à cent mètres ou à mille kilomètres, ça ne change rien. N’oublie pas, c’est l’intention qui compte. Ce qu’il faut, c’est que tu te branches. Si tu te branches sur le corps énergétique, sur le méridien, sur l’organe, que tu sois à un mètre ou mille kilomètres, c’est pareil. Quand moi je rentre à la maison, en Thaïlande, je peux très bien te faire un soin de la même façon qu’ici. Sans problème. »

Alors sur le moment, ça m’a quand même bien chamboulé cette histoire. Et puis, pendant de nombreuses années, je ne me suis pas senti ni capable, ni légitime de faire comme lui. Donc j’ai continué ma pratique en cabinet. Mais j’ai gardé ça de côté. En revanche, je continuais de faire ce qu’il m’avait appris en Qi Gong. Et puis j’ai continué à étudier le chamanisme après son décès. Le chamanisme amérindien, le chamanisme guanche, d’autres chamanismes. C’était différent. Ce qui était bien avec Maître Lao, c’est qu’on parlait le même langage, celui de la médecine chinoise, donc j’étais à la maison avec lui. Et puis, le Covid est arrivé, il y a quelques années, et ça a tout changé… Moi, je n’habite pas en France, j’habite à Vienne, en Autriche. Je viens 8-10 jours par mois en France pour faire des consultations. Mais là, avec le confinement, je ne pouvais plus. Et puis, autour de moi, des personnes commencent à me dire : « T’attends quoi ? T’attends quoi pour faire enfin ce que Maître Lao t’a transmis ? Bon sang, tu crois qu’il est content là où il est de voir que tu ne fais toujours pas ce qu’il t’a transmis ? » Ouais, bon, d’accord. Alors, j’ai commencé à faire ce Maître Lao m’avait appris. J’ai fait deux choses. J’ai commencé à donner des cours de Qi Gong pour canaliser l’énergie cosmique ce que Maître Lao appelait le Gao Neng Gong. Ça, je ne le fais pas en ligne, je le fais en présentiel. Et j’ai commencé à faire des soins en ligne. C’est-à-dire qu’avec le contact visuel que nous permet la visio, j’arrive maintenant à faire des soins comme si la personne était sur ma table de soins dans mon cabinet. C’est pareil. Pour moi, maintenant, ça ne change absolument plus rien. Il avait complètement raison. Ça questionne beaucoup de mes collègues qui font de la médecine traditionnelle chinoise d’aujourd’hui. Alors, je ne dis pas que la médecine traditionnelle chinoise d’aujourd’hui, c’est une mauvaise chose, mais c’est une version moderne, ce n’est pas la version originelle qui comme je vous le disais tout à l’heure, est d’être vraiment en relation avec le vivant autour et à l’intérieur. Donc, ça les gêne beaucoup. Dans le milieu de la médecine chinoise, je ne suis pas bien coté. Et encore, c’est un terme gentil. Ça gêne beaucoup ce que je fais parce qu’effectivement, en visio, je ne prends pas les pouls. En visio, je peux parfois voir la langue, si c’est bien éclairé chez la personne. Mais en fait, je n’en ai pas besoin. Je le fais déjà depuis longtemps, même en présentiel. Mais, ça se voyait moins. En visio, je ne peux plus le cacher.

Aujourd’hui, en présentiel, mon diagnostic, mon examen, je le fais en posant ma main sur le Dan Tien de la personne. Je ferme les yeux et je ressens tout le corps énergétique de la personne. En fait, j’ai beaucoup plus d’infos comme ça qu’avec le pouls et la langue. En ligne, je fais la même chose. Je ferme les yeux, je tends mes mains et je me branche sur le corps énergétique de la personne, même si elle est à 5 000 km. Les premières fois, ça m’a surpris parce que ça marche vraiment. Ça marche. Je ressens très bien le corps énergétique de la personne avec ses déséquilibres, ses blocages, etc.

Bien sûr, je pose toujours des questions aux gens et les gens me parlent, comme en présentiel. Mais ce qui est stupéfiant, c’est qu’on peut tout à fait se brancher sur le corps énergétique de la personne, même en visio – j’ai quand même besoin d’un contact visuel – et ressentir l’énergie des différents organes, des différents méridiens, des différentes zones du corps.

Alors il y a des personnes qui m’expliquent ce qu’elles ont et je n’ai pas à beaucoup chercher, mais il y a des petits malins qui me testent. Ça m’arrive aussi en cabinet, en présentiel, des nouvelles personnes qui me disent : « Je ne vous dis rien, vous allez trouver. » Il y en a en visio qui me le font aussi, mais j’ai l’habitude, ça fait plus de 30 ans que je fais ça, j’ai l’habitude. C’est bien qu’il y en ait qui me testent, ça les amuse. Mais je m’amuse aussi dans ces cas-là. Donc c’est possible de le faire à distance, de la même manière qu’en présentiel. C’est ce que Maître Lao m’a enseigné. Et c’est vraiment une vision chamanique du soin, parce qu’en fait je me branche sur le vivant, je me branche sur eux, comme je le fais quand je suis devant un arbre, comme je le fais quand je suis devant un rocher, comme je le fais le matin quand je me lève avec la terre, comme je le fais durant la méditation avec le soleil. C’est la même chose. Quand je fais une méditation en face d’un vrai arbre, j’arrive à sentir si l’arbre est malade, s’il a des parasites, même sans le toucher. Mais je suis limité car je ne connais pas assez bien la biologie des arbres pour savoir déterminer ce qu’il a véritablement. Alors que la biologie de l’être humain, je pense que je commence à bien la connaître, mais c’est tout à fait possible, on peut soigner ainsi tous les êtres vivants.

C’est ça qui est extraordinaire avec ce que m’a transmis Maître Lao, ce sont toutes ces possibilités, toute cette vision des choses différente. Il m’avait expliqué comment est-ce qu’il avait, lui, appris avec son maître. Il avait appris la médecine chinoise avec son maître en marchant dans la montagne, derrière son maître, en allant cueillir des plantes médicinales. Il m’a dit : « Tu sais mon maitre ne m’a rien expliqué. Il m’a transmis la médecine chinoise sans me montrer quoi que ce soit. Et sans rien m’expliquer, il m’a transmis en étant devant moi, par sa présence. Tous les concepts me sont venus directement. Je n’ai jamais ouvert un bouquin, jamais suivi un cours de médecine chinoise. Il m’a tout transmis comme ça. Il a aussi essayé de m’enseigner la pharmacopée chinoise comme ça, mais alors ça, ça ne m’a plu du tout, alors j’ai laissé tomber. »

Il a tout appris comme ça, dans la présence uniquement. Vous pouviez lui poser des questions de diagnostic précis de médecine chinoise ou à propos des textes classiques. Même s’il ne les avait jamais lus, il les connaissait. Il avait la connaissance et il savait comment résoudre les problèmes auxquels il était confronté. C’était un malin. Et il ne payait pas de mine. La première fois que je l’ai rencontré, je me souviens le premier matin en arrivant à ce stage de Qi Gong, je vois un bonhomme en chemise à carreaux, pantalon de velours côtelé avec des bretelles qui faisait les 100 pas devant les tatamis. On aurait dit qu’il était là pour faire le ménage. Mais non, il ne faisait pas le ménage, c’était lui le chef, c’est lui le boss. Et puis il a fini par mettre sa tenue de lumière, son habit de cérémonie. Mais il a commencé en pantalons de velours côtelés et en chemise à carreaux pour tromper le monde, pour qu’on ne le voit pas venir. C’est très chinois comme façon de faire. (Rires)

Moi j’ai eu comme ça à Shanghai, un maître de stage à l’hôpital qui nous a bien eut. On était par groupe de trois avec un interprète parce qu’on ne parlait pas chinois. Donc on parlait entre nous, on se disait des choses en français. Et je crois que c’est à la fin de la première semaine que le maitre de stage, le médecin du service où on était a commencé à nous parler en français, alors qu’avant elle s’adressait à nous uniquement en chinois. En fait, elle parlait français couramment ! Et là on s’est senti très mal à cause de tout ce qu’on avait dit en français toute la semaine. (Rires)

Alors, qu’est-ce que je voulais vous dire d’autre ? On a encore du temps ? C’est bien ! Qu’est-ce que je voulais vous dire d’autre ? Les origines chamaniques de la médecine chinoise, je vous ai tout dit ? Non, il y a quelque chose que j’ai oublié de vous dire tout à l’heure à propos des premiers praticiens de médecine chinoise. Effectivement, ils étaient en relation avec la nature, avec le vivant, comme je vous l’ai dit. Et c’est vrai, quand Maitre Lao me l’a dit, ça m’a parlé parce que j’avais appris que la médecine chinoise était au départ une médecine de l’observation. Contrairement à la médecine occidentale… Ce n’est pas qu’elles s’opposent. La médecine occidentale et la médecine chinoise ont deux visions différentes, deux façons de fonctionner différentes qui sont en fait complémentaires. La médecine occidentale est une médecine du détail. Les médecins en Occident, quand ils ont cherché à comprendre comment fonctionnait le corps humain, ils l’ont ouvert. Ils sont allés voir à l’intérieur. Ils sont allés dans le petit, dans l’infiniment petit, pour comprendre les mécanismes biologiques. C’est pour ça qu’elle est plus tardive, d’ailleurs, parce que à cause de la religion judéo-chrétienne, ça a mis longtemps avant qu’on ait l’autorisation d’ouvrir les corps humains. On n’avait pas le droit. C’était un temple sacré, le corps humain. Avant de pouvoir disséquer un corps humain, il a fallu attendre… Je n’ai pas de date en tête, je suis nul pour les dates, excusez-moi. Mais, je sais que c’est assez récent.

Les Chinois ont fait différemment. En médecine chinoise, ils ont considéré… En fait, non, c’était plus qu’une considération. Ça je l’ai appris avec Maitre Lao. C’était bien plus qu’une considération ou un choix. Ils étaient en connexion avec le vivant, avec la nature autour d’eux. Ils avaient conscience que l’être humain faisait partie de la nature. Donc pour comprendre comment fonctionnait l’être humain et pour apprendre comment le soigner, ils ont regardé la nature autour d’eux. Ils ont regardé les saisons. Ils ont regardé les étoiles, les nuages, les animaux, comment l’herbe pousse, comment font les animaux, comment font les plantes, comment font ceux qui vivent dans l’eau, comment ceux qui vivent dans l’air. Ils ont regardé autour d’eux pour comprendre comment on fonctionnait à l’intérieur. Et c’est comme ça qu’ils ont découvert qu’on avait cinq éléments en nous. Ils se sont rendu compte qu’on avait tous les éléments de la nature en nous, qu’on avait du végétal en nous, qu’on avait du minéral en nous – on le sait maintenant avec la science moderne tout ça – qu’on avait de l’animal en nous, ça c’est sûr, qu’on avait de l’air en nous, puisqu’on respire, on a de l’air en nous, on a du métal, on a des métaux, on a des sels minéraux, on a du rocher en nous, on a des choses dures, on a des choses souples, comme la nature.

On fonctionne comme la nature en fonction des cycles et des saisons. Notre corps n’est pas le même au printemps, en été, en automne et en hiver. Il n’a pas les mêmes besoins. C’est en regardant la nature qu’ils ont compris cela. Ça c’est vraiment Maître Lao qui me l’a fait comprendre. Je l’avais appris, mais je ne l’avais pas compris comme ça. Le fait que cela sous-entendait que les premiers médecins chinois avaient cette relation, cette connexion avec le vivant. Ils n’ont pas choisi de se dire : « Oui, l’être humain, nous on va le considérer comme étant un tout au milieu dans la nature. » Non. Ils n’ont pas fait un choix intellectuel. Ils étaient dans ce ressenti, dans ce vécu-là. Ils le vivaient. Ils le ressentaient quand les saisons changeaient.

C’est pour ça qu’ils ont un calendrier de saisons si précis, qui n’a rien à voir avec le nôtre. Ils ont un calendrier qui est très précis parce qu’en fait, ils sentaient qu’à telle nouvelle lune, l’énergie changeait, qu’au solstice et aux équinoxes, il y avait un basculement dans l’énergie, et qu’à chaque fois qu’une saison se terminait et qu’une autre commençait, il y avait un retour de l’énergie à la Terre pour se réinitialiser et démarrer une nouvelle saison sous une autre forme. C’est pour ça qu’ils ont créé ce qui nous paraît si étrange : les intersaisons et que celles-ci sont reliées à l’énergie de la Terre, à l’énergie de la Rate et de l’Estomac.

Vous apprenez sûrement cela en Qi Gong. Mais c’est parce qu’ils le ressentaient, ce recentrage, ce retour à la Terre qu’ils ont identifiées ces intersaisons. En ce moment, nous sommes à la fin de l’hiver, l’énergie de l’hiver diminue en vue de se terminer. Cette énergie-là, elle ne peut pas muter directement en énergie du printemps, ce n’est pas possible, donc elle redescend dans la Terre et elle renaît de la Terre sous une autre forme.

Les premiers médecins chinois étaient à l’écoute de ça et c’est ce que nous on essaye de faire dans nos différentes pratiques, de nous remettre dans cette harmonie-là. Parce qu’on sait très bien que si on est en harmonie avec les saisons, avec la Lune, avec le Soleil, avec le Cosmos, on ne sera pas malade, au contraire, on sera plein d’énergie et on pourra faire tout ce que notre cœur désire. Notre cœur, le cœur dont je parlais tout à l’heure, pas le cœur histoire et identité. Ce qu’on appelle le désir du cœur, ce ne sont pas les envies. Le désir du cœur, cela nait à partir de qui on est véritablement. Dans notre langage à nous, occidentaux, on dirait le cœur, il veut accomplir sa mission de vie, accomplir son rôle sur Terre. Le désir du cœur, c’est ça.

Eh bien, quand on se met en harmonie avec les saisons grâce à notre pratique du Qi Gong, grâce à notre alimentation, grâce à notre conscience tout simplement, grâce à notre ressenti du passage au moment où la nouvelle lune arrive, ça change tout. Ça change tout.

À la base, une cérémonie chamanique, c’est ça. Il y a huit cérémonies de la nature traditionnelle dans le chamanisme, partout dans le monde, pas que chez les Chinois, dans plein d’autres cultures. Chez les celtes dont la culture est plus proche de nous géographiquement, il y a les mêmes huit cérémonies, pour chaque début de saison et pour les pics, le moment où l’énergie de la saison est à son maximum, c’est-à-dire les solstices et les équinoxes. Les solstices et les équinoxes, comme leur nom l’indique, sont déterminées grâce au soleil.

Les solstices, le solstice d’été, c’est le jour le plus long de l’année, le solstice d’hiver, c’est le jour le plus court de l’année, donc c’est en rapport avec la lumière du soleil. Les équinoxes, équinoxes de printemps et équinoxes d’automne, equi (équilibre) et nox (nuit), cela veut dire que la durée du jour est en équilibre avec la durée de la nuit. Ce sont les deux jours de l’année où la durée de la nuit et la durée du jour est identique. Chacune de ces quatre dates, c’est le moment où l’énergie de la saison est à son maximum et elles sont déterminées en fonction du soleil.

Nous, dans notre calendrier aujourd’hui, ce qui est indiqué : printemps, été, automne, hiver, ce sont ces dates-là, mais on a oublié ce que cela signifiait vraiment. Il y a souvent des gens qui me disent : « Oui, mais les saisons dont tu parles, ce sont les saisons en Chine. »

Non ! Pourtant c’est logique. Comment voulez-vous qu’un solstice – on va prendre le solstice d’été pour faire simple – comment voulez-vous que le solstice d’été, qui est le jour le plus long de l’année et qui est donc le jour de l’année durant lequel l’hémisphère nord de la Terre reçoit le plus de lumière solaire, soit le début d’un cycle ? Comment voulez-vous qu’un maximum soit le début d’un cycle ? Ce n’est pas possible. Ce n’est pas le maximum, le début du cycle. Le cycle, il a commencé avant et il se terminera après. Une saison dure à peu près 3 mois. Je ne parle pas des intersaisons pour que ce soit plus simple. Qu’est-ce que cela veut dire par rapport au solstice d’été et au début de l’été ? Cela veut dire que l’été a commencé à peu près un mois et demi avant le solstice. Et il va se terminer quand ? À peu près un mois et demi après. Et comment est-ce qu’ils ont déterminé les débuts et les fins des saisons des Chinois ? C’est la même chose dans plein de traditions. J’ai eu l’occasion d’en discuter avec des druides qui sont un peu les chamanes du monde occidental. Eh bien, quand on discute avec eux, on se rend compte qu’ils ont le même calendrier.

Donc, les milieux des saisons, on a dit : les équinoxes et les solstices sont en fonction du soleil. Le soleil, en Qi Gong comme en médecine chinoise, c’est le Yang. Eh bien, pour que ce soit équilibré, les débuts et les fins des saisons sont déterminés par le Yin, donc par la lune. C’est pour ça que les dates des débuts des saisons ne sont pas fixes. Parce que la lune, elle bouge. Alors que le soleil, lui, il est immuable, il ne bouge pas. Le solstice d’été, c’est toujours le 21 juin dans l’hémisphère nord, etc. Les dates des solstices et des équinoxes, les milieux des saisons sont toujours fixes. Elles peuvent bouger un tout petit peu, mais vraiment un tout petit peu.

Alors que les débuts et les fins des saisons, ça bouge, ça bouge énormément. L’exemple le plus clair et le plus connu qu’on connaisse, c’est le début du printemps à la date duquel les Chinois ont décidé de célébrer leur nouvel an. Le nouvel an chinois, pour les Chinois, c’est le premier jour du printemps. D’ailleurs, c’est nous qui l’appelons le nouvel an chinois. Eux, ils disent la fête du printemps car c’est le premier jour du printemps. Et il est calculé en fonction de la nouvelle lune. C’est la deuxième nouvelle lune qui suit le solstice d’hiver. C’est pour ça qu’elle bouge, cette date du nouvel an chinois, qu’elle n’est jamais à la même date. Parce que c’est une date lunaire et que la lune est Yin, et que le Yin est changeant, alors que le Yang est immuable.

En fait, on a des saisons qui sont définies par l’astre solaire et l’astre lunaire. Et si on se met à l’écoute de notre ressenti de ces deux astres, on se rend bien compte qu’à ces dates-là, on change d’énergie. On le sent. On le sent à cette nouvelle lune de passage des saisons qu’on change vraiment d’énergie. Et quand il y a des équinoxes et des solstices, le basculement de l’autre côté de la saison, parce que la saison est arrivée à son maximum et qu’elle va redescendre de l’autre côté, on le sent aussi. C’est ça qui est bien et moi, j’adore ça. Avec la médecine chinoise, on n’est pas dans la croyance. On est dans le tangible. Les Chinois, ce ne sont pas des gens cartésiens, puisque les cartésiens, c’est nous. Descartes, c’est chez nous. Mais ce sont des gens pragmatiques, les Chinois. La théorie ne suffit pas, il faut que ça fonctionne. D’ailleurs, dans l’histoire de la médecine chinoise, il y a des techniques de soins ou des concepts théoriques qui ont été abandonnés, parce qu’ils se sont rendus compte que ça ne marchait pas dans la pratique clinique. Oui, en théorie, c’est beau, mais ça ne marche pas, donc on laisse tomber. Parce qu’ils veulent des résultats pratiques. Même si aujourd’hui, la médecine chinoise est quand même pas mal coupée de la nature et qu’ils sont dans une pratique médicale. Elle est très bien, mais elle n’est plus trop chamanique aujourd’hui. Malheureusement il n’y a qu’à voir le respect de la nature qu’ont les Chinois actuellement. C’est encore pire que chez nous.

Mais à l’origine, la médecine chinoise était vraiment reliée à la nature. Il y avait tout ce ressenti, toute cette connexion avec ce qui était vivant. C’est de là qu’elle vient. Et moi aujourd’hui, c’est comme ça que je pratique, c’est pour ça que je fais aussi les huit cérémonies dont je vous parlais car souvent j’y participe, aussi dans la tradition druidique, que dans la tradition chinoise et parfois dans d’autres traditions. J’aime beaucoup ça. Ça me permet de me rééquilibrer.

Quand on est perdu, quand on ne sait plus où est sa place, et c’est le cas de beaucoup de gens d’aujourd’hui, qui ne savent plus où est leur place, effectivement, il est indispensable de les amener à se dépouiller de leurs traumatismes et de leur histoire et à se remettre en harmonie avec tout ce qu’on a dit tout à l’heure. Ça les aide. Trouver leur cœur, ça les aide. Et c’est vrai que participer à ces huit célébrations qui sont réparties sur l’année, en se mettant à l’écoute du ressenti en soi, ça permet de retrouver sa place dans l’univers. Aujourd’hui, beaucoup de gens ont perdu leur place, ne savent plus qui ils sont, ne savent plus où est leur place. Surtout dans la société dans laquelle on est. Et si ces personnes retrouvent leur place dans l’univers, ils vont retrouver leur place dans leur vie. Ça risque de la chambouler, leur vie, mais ça fait partie du processus. Voilà, c’est vraiment ça que j’ai appris avec Maître Lao et que je transmets aujourd’hui dans tout ce que je fais. Quand je vous disais que c’est devenu… Je ne peux même plus dire que c’est une passion aujourd’hui, c’est ma vie.

La médecine chinoise est devenue ma vie. C’est là, c’est présent et je me sens au travail quand je suis en vacances et je me sens en vacances quand je suis au travail. Parce que c’est devenu ma vie. Et le chamanisme… Comme je le disais tout à l’heure en discutant avec Marie, pour moi, le chamanisme et la médecine chinoise ne sont pas deux choses différentes. Pour moi, c’est la même chose. Et effectivement, quand je fais des soins en présentiel ou en visio, les gens viennent me voir souvent pour de la médecine chinoise, quelquefois pour du chamanisme. Mais je ne dis pas forcément ce que je fais. Pour moi, il n’y a pas deux choses différentes. Je ne vais pas faire des soins chamaniques et des soins médecine chinoises. Pour moi, c’est pareil. Parce que c’est amener les personnes à retrouver l’harmonie entre les différentes parties d’elles-mêmes, à faire la paix aussi. A faire la paix à l’intérieur, à faire la paix avec l’extérieur.

Parce que parfois, c’est vrai, j’en parlais tout à l’heure, il y a besoin de remettre de l’harmonie entre les différents membres de la famille. Remettre de l’harmonie entre les différents membres de la famille, parfois, ça veut dire couper. Ce n’est pas forcément bisounours et que tout le monde va de nouveau bien s’entendre. Non, non. Quelquefois, il y a un membre de la famille toxique, celui-là, il faut s’en couper. Ça peut être la famille élargie, ça peut être la famille de sang, ça peut être la famille d’amis, ça peut être la famille professionnelle. Enfin, tout est important et tout est pris en considération en médecine chinoise. Moi, c’est ça que j’adore. Enfin, il y a plein de choses que j’adore en médecine chinoise.

Une des choses que j’adore…  Ce n’est pas dans mon plan, c’est encore une digression. Ça, je le dis quand je fais les cours de diététique. Moi, ce que j’adore en diététique chinoise, c’est qu’il n’y a pas d’interdit. Je veux dire, il n’y a pas d’aliments interdits. On recherche l’équilibre. Il y a des personnes qui viennent me voir pour faire un équilibre alimentaire. J’en ai pas mal qui viennent pour ça. La plupart du temps, ils sont dans l’auto-flagellation, ils se culpabilisent : « Je ne fais pas ce qu’il faut ! Ça, je ne devrais pas en manger, etc. » C’est souvent vrai, mais vous savez, en médecine chinoise, il n’y a que très peu d’interdits. Ce qu’on cherche, c’est avant tout l’équilibre. Et on n’oublie pas le plaisir. Ah, ça, j’adore.

Le plaisir, ça parle au cœur. Parce que si on fait un rééquilibrage alimentaire pour rééquilibrer la personne, mais que ce rééquilibrage alimentaire entraîne de la frustration, on va bloquer l’énergie du foie, l’énergie du foie va bloquer l’énergie du cœur, va créer d’autres blocages, va créer d’autres disharmonies, et au final, on aura loupé notre coup. Alors que si on rééquilibre et qu’on fait un plan d’équilibre alimentaire qui n’entraîne pas de frustration, mais qui redonne du cadre et qui n’oublie pas la partie plaisir, on a gagné. Parce que la personne, elle va le faire, elle va le suivre. Elle ne va pas le faire juste pendant deux mois et puis s’arrêter. C’est important.

Ça, c’est l’aspect de la médecine chinoise que j’adore. Il n’y a pas d’interdit. Quand j’ai découvert ça… Parce qu’au départ, j’ai fait mes études de médecine chinoise, mais en parallèle, j’ai étudié la diététique. Avant d’étudier la diététique chinoise, j’en ai étudié d’autres, les diététiques occidentales. Mais moi, ce qui me sortait par les yeux, c’est que lorsque vous étudiez une forme de diététique, ils vous disent ça c’est bien, ça c’est bien, ça c’est bien, ça c’est bien, ça ce n’est pas bien, ça ce n’est pas bien, ça c’est pas bien. Et puis vous en étudiez une autre, elle vous dit quasiment l’inverse. Et puis il y a toujours c’est bien, c’est bien, c’est bien, des choses qu’il faut faire et des choses qu’il ne faut pas faire.

Mais quand j’ai découvert la diététique chinoise, j’ai découvert qu’il n’y avait pas d’interdit. Alléluia ! Il n’y a pas d’interdit. En revanche, on va faire en sorte de retrouver l’équilibre. Il y a des choses qu’il ne faut pas faire, il y a des choses qu’il ne faut pas mélanger, il y a des choses qu’il faut privilégier. On ne va pas faire n’importe quoi. On va manger de saison, on va manger local, on va harmoniser les aliments entre eux pour équilibrer les organes à l’intérieur. Mais il n’y a pas d’interdit en fait. Ça, c’est génial. C’est ce que disent les praticiens de médecine chinoise que j’ai rencontrés, et les chamans aussi et pas que les Chinois. Ce sont des gens qui vivent, qui sont vraiment en contact avec la vie. Ce ne sont pas des frustrés. Ils peuvent avoir des côtés acètes, mais ils sont quand même dans la vie. Tous. Tous, tous, tous. Je n’ai pas rencontré un seul praticien de médecine chinoise, ni un seul chaman coincé. Aucun. Je parle des vrais. Quand j’en vois qui sont coincés, je me dis que ce ne sont pas des vrais.

Parce qu’aujourd’hui, les gens qui se disent chamans, malheureusement, il y a du monde. Malheureusement. Mais les vrais, ils sont vraiment dans la vie. Ils sont en contact avec la vie.

Ce sont des gens qui sont vivants, ce sont des gens qui sont agréables. Malheureusement, il y a plein de gens qui se disent chamanes aujourd’hui, parce que le néo-chamanisme est à la mode. Mais parmi tous les chamans que j’ai rencontrés, je n’en ai jamais entendu un seul dire qu’il était chaman. Jamais. Maître Lao ne m’a jamais dit qu’il était chaman. Il faisait du chamanisme. Il n’a jamais dit qu’il était chaman. Emaho, qui est un chaman amérindien avec lequel j’ai travaillé pendant plus de dix ans, ne l’a jamais dit non plus. Nous, on le disait. Lui, il ne nous l’a jamais dit. Jamais. Ce sont des gens intègres, droits, mais vivants. Et pas du tout imbus d’eux-mêmes.

Alors Emaho était un chaman amérindien avec qui j’ai travaillé. J’ai pensé à lui tout à l’heure quand je suis arrivé dans la salle et que j’ai vu ça : le bureau avec la chaise sur la scène. Je suis monté quand même tout à l’heure pour voir la salle d’en-haut. Et j’ai pensé à Emaho. Il était souvent comme ça devant une scène. Là où je me tiens aujourd’hui. Et il n’était jamais en haut. Jamais. Parce qu’il voulait être avec nous. Il voulait être à hauteur du regard. Et il était là tout le temps. Alors quelquefois, ce qu’il faisait, lorsqu’il canalisait, il était debout comme ça. Mais parfois, lorsqu’il expliquait et qu’il arrivait en disant : « Bon, alors vous voulez parler de quoi aujourd’hui ? » Il s’asseyait comme ça sur la scène et il nous parlait. Mais jamais il ne montait. Jamais. Donc, aujourd’hui ce n’est pas facile de trouver des vrais chamanes. Mais c’est facile de savoir s’ils sont vrais ou pas. Moi, je ne suis pas chaman. Je ne le suis pas. Pour plusieurs raisons. Et franchement, je ne vous dis pas ça parce que je viens de dire qu’on ne doit pas dire qu’on est chamane. Je vous dis les choses comme je le pense et les ressens. Il y a des gens qui disent que je suis chamane. Et en général, je les reprends.

Selon ma vision des choses, j’utilise et je transmets les enseignements que des chamanes m’ont confié afin que je le partage dans les soins, dans les conférences comme ça, dans les cérémonies. Donc, j’utilise des outils chamaniques, mais pour moi, je suis avant tout un praticien de médecine traditionnelle chinoise, éventuellement chamaniques. J’aime bien mettre aussi le terme chamanique, mais bon, en fait, ça ne veut pas dire grand-chose. C’est pour me distinguer des autres. (Rires) Mais pour moi, médecine traditionnelle chinoise, ça suffit. Je pourrais mettre : praticien de médecine traditionnelle chinoise originelle, mais là, ça ferait vraiment pompeux (Rires). Non. Je suis praticien de médecine traditionnelle chinoise.

Normalement, pour être chamane, il y a deux obligations. En fait, on ne se dit pas soi-même chamane. C’est ce que j’ai appris avec eux. Ce n’est pas une connaissance que j’ai. Normalement, un vrai chamane, il est nommé chamane par sa communauté qui le désigne en tant que chamane. Et il est choisi par les forces de la nature, par les Esprits avec lesquels il travaille, qui le choisissent comme intermédiaire vis-à-vis des êtres humains afin qu’il les aide. Donc, il faut quelque part une double nomination pour être chamane. Mais on ne peut pas dire soi-même : « Je suis chamane. » Non. Ce n’est pas possible. Ce n’est pas possible. Et ça ne peut être que la communauté. Comme disait le Dalai Lama lorsqu’il était encore président… Il disait qu’il y avait le conseil d’en-bas : le conseil des ministres, le gouvernement tibétain, les humains, et qu’il y avait le conseil d’en haut. Ça, c’est quand il avait son oracle grâce auquel les Esprits des dieux parlaient au Dalai Lama. Il avait deux conseils des ministres : le conseil des ministres d’en bas et le conseil des ministres d’en haut. J’ai toujours trouvé ça magnifique. C’est exactement ça.

Un chaman, il faut qu’il soit désigné par le conseil des ministres d’en bas et par le conseil des ministres d’en haut. Et là, il est chamane. Et normalement, il ne le dit pas afin de ne pas perdre son pouvoir, afin de ne pas être vulnérable. D’ailleurs, il n’a pas besoin de le dire, ce sont les autres qui le disent.

Alors, c’est le moment questions-réponses, c’est ça, maintenant ? Alors, est-ce que vous avez des questions ? J’essayerai d’avoir des réponses.

Question : Est-ce qu’il existe des moyens de se protéger dans cette pratique ?

Oui, c’est ce que j’ai commencé à expliquer tout à l’heure. C’est vrai que je me suis arrêté, parce que je suis passé à autre chose. C’est le protocole dont je parlais tout à l’heure. Effectivement, quand on démarre, avant de faire des soins, avant de faire des cérémonies, moi je l’utilise maintenant pour tout. Je l’utilise même le matin quand je me lève. C’est ce qu’on appelle le protocole des quatre étapes. C’est par ça qu’on commence. Donc il y a la première étape : l’ancrage, j’ai commencé à en parler. J’ai commencé à vous dire qu’après il y avait la deuxième étape qui est de se connecter à son propre cœur. Je ne sais plus vers quoi je suis parti, mais je suis parti d’ailleurs, et je me suis arrêté là. La troisième étape, c’est la demande de protection au ciel. Ça fait très Qi Gong, parce qu’on fait l’énergie de la Terre, l’énergie du Cœur, l’énergie du Ciel. On demande, ce que je disais tout à l’heure, à ce que toute la vie qui est dans le ciel descende en nous sous forme de lumière pour nous purifier, nous nettoyer, et nous protéger. On a une triple protection. On a la protection de la Terre, cette force qui monte en nous. On a la protection du cœur. Parce qu’à partir du moment où vous êtes dans votre cœur, moi j’utilise le sourire intérieur pour faire cette deuxième étape, à partir du moment où on a le sourire dans le cœur, on est inatteignable. Vous allez vous balader, peut-être que Versailles c’est sécure, je ne sais rien, mais vous allez vous balader dans les quartiers insécures de la région parisienne, la nuit, si vous y allez avec la peur ou la colère, vous risquez gros. Si vous y allez avec le sourire dans le cœur… Je suis allé dans des endroits dans le monde, et quand je voyais que c’était craignos, je faisais ma méditation du sourire l’intérieur et j’y allais. C’est une super protection. Quelqu’un qui sourit, que ce soit visible ou pas, il ne va pas se faire agresser, c’est sûr. Les gens mal-intentionnés ne vont pas venir vers lui. Les gens qui vont venir, ils seront dans la même posture à l’intérieur. Donc c’est une triple protection.

Ça ce sont les trois premières étapes, et la quatrième étape de ce protocole des quatre étapes, c’est ce qu’on appelle l’appel aux Esprits. On l’appelle ains dans le chamanisme, et même en médecine chinoise. Parce qu’ils ne le disent pas tellement les Chinois, mais ils ont beaucoup de dieux protecteurs. On en voit dans tous les restaurants chinois ou dans tous les magasins. Ce sont souvent les trois dieux protecteurs : Fuk, Luk et Sau. Il y a leurs trois statues dans pratiquement toutes les échoppes chinoises. Il y a toujours aussi un autel avec des offrandes d’encens et de fruits. Donc, ils font toujours appel aux Esprits protecteurs, à l’Esprit gardien du lieu, à l’Esprit du foyer. C’est quelque chose qui est encore très vivant en Asie.

Donc c’est ça le protocole des quatre étapes qu’on utilise pour la protection. C’est important, mais ce n’est pas une protection bouclier. C’est vraiment plus se connecter à l’énergie au plus grand, au plus subtil et demander de l’aide. Voilà, c’est plus ça. Ce n’est pas une armure. Ce n’est pas guerrier. C’est plus amour.

Question : Vous vous occupez des humains, mais est-ce que ça vous arrive de soigner des animaux ?

Ça m’est arrivé, alors ce n’est pas ma fonction principale, donc ça m’arrive rarement, mais ça m’est arrivé de soigner des animaux. Je ne me suis occupé que d’animaux domestiques jusqu’à présent, mais ça m’est déjà arrivé. Et je sais qu’il existe une branche de la médecine chinoise pour soigner les animaux. Alors je n’ai pas cette connaissance, mais lorsque je faisais mes études, je me souviens d’un collègue qui faisait du cheval et qui s’est spécialisé dans la médecine chinoise pour les chevaux. Ce n’est pas quelque chose que moi j’ai appris et que j’ai eu l’opportunité de faire. Mais ça m’est arrivé de le faire sur des chiens. Oui. Pas avec de l’acupuncture, mais plus avec du Tuina. Lorsque j’ai soigné des chiens ou des chats, le peu de fois que ça m’est arrivé, c’est comme si on m’avait amené des enfants. Ils ne peuvent pas m’expliquer ce qu’ils ont. Alors je mets ma main comme je sais faire sur le Dan Tien ou sur les reins, parce que c’est la même chose, et je me mets à l’écoute. Et je vais me brancher sur le corps énergétique de l’animal.

En général, les animaux ils sentent encore plus que les humains parce qu’ils sont connectés à ça. Ma fille a un labrador qui est très hyperactif. Et maintenant qu’elle me connaît, quand je vais chez elle, le chienne vient, elle se tourne… et en fait elle n’attend qu’une chose, c’est que je mette mes mains et en fait je mets mes doigts à chaque côté de sa colonne vertébrale et je fais tous les points Shu de part et d’autre de sa colonne vertébrale. Alors qu’elle ne s’arrête pas d’habitude. Là, elle ne bouge plus, elle n’aboie plus, elle ne grogne plus, elle ne fait plus de bruit. Ça marche très bien. Et même si je ne connais pas l’anatomie de ces animaux-là, l’énergie passe.

Mais j’admire, je sais que ça existe aussi en Belgique des praticiens de médecine chinoise ou des ostéopathes qui travaillent – j’ai vu ça dans des reportages de zoos – sur des éléphants, sur des gazelles, sur des rhinocéros. C’est extraordinaire. Je n’ai pas eu l’opportunité de faire ça.

D’autres questions ?

Question : Merci beaucoup pour tout ce qu’on a entendu. Plus qu’entendu, ça vibrait en moi quand je vous écoutais, vous avez une voix spéciale, des intonations, quelque chose qui fait du bien. Je m’interroge sur quelque chose, toute cette sagesse depuis des milliers d’années, comment ça se fait qu’en Chine il y a un tel régime politique, qu’il y a une telle répression et ça depuis des milliers d’années ? C’est un contraste ? Avez-vous une explication ?

Non, je n’ai pas d’explication à part que je trouve ça très décevant. Je trouve ça très décevant de voir que l’être humain a des côtés aussi déconnectés. Déconnectés du vivant, parce que pour agir comme ça, il faut vraiment être déconnecté du vivant. Il n’y a pas qu’en Chine que c’est comme ça. Mais non, je n’ai pas de réponse. Je n’ai pas de réponse à ça, mais je suis comme vous, je constate, c’est triste. C’est triste qu’il y ait aussi peu de considération de l’humain, aussi peu de considération de la nature, aussi peu de considération des animaux. Je sais bien. Je ne comprends pas. C’est comme si quelque part ils s’étaient déconnectés de leur propre sagesse. Je ne connais pas suffisamment bien l’histoire de la Chine pour savoir à quel moment c’est arrivé, ni pourquoi. Mais c’est sûr qu’ils sont déconnectés. On fait peut-être des généralités en regardant d’ici, mais il y a peut-être des gens qui ne le sont pas, sûrement. Maitre Lao en faisait partie. Mais Mait Lao, c’est bien aussi pour ça peut-être qu’il a été obligé de fuir la Chine. Et qu’il a fini sa vie en Thaïlande. Il ne pouvait plus être en Chine. Il ne pouvait plus. Je pense qu’il dérangeait.

Il y a eu une période, je ne l’ai pas vécue, et c’est juste ce qu’on m’a raconté. Je ne crois pas que ce soit Maître Lao qui m’ait raconté ça. Je pense que c’est plutôt un de mes profs de Qi Gong. Je crois que c’est celui qui faisait du Qi Gong thérapeutique en Chine qui nous a raconté ça. Il y avait une période où ils avaient voulu, comment on dit, normaliser, labelliser, faire un programme officiel pour le chamanisme et pour le Qi Gong. Et tous les praticiens de Qi Gong étaient convoqués pour contrôler leur travail, ce qu’ils faisaient, leur enseignement, ce qu’ils transmettaient afin de tout uniformiser, normaliser. Eh bien, ils ont tous disparu. Pendant des années, il n’y a plus eu de profs de Qi Gong en Chine. Jusqu’à temps que la menace soit levée. Vous avez entendu parler de ça ? Jusqu’à temps que la menace soit levée. Les chamanes, pareil. Et puis quand on a arrêté de les embêter, ils sont revenus.

Je pense qu’il y a une partie de l’humanité pour qui le fait de ressentir, de se laisser faire, de se laisser guider par son cœur, ce n’est pas être dans le contrôle. On ne peut pas contrôler les choses comme ça. Et puis surtout, on ne peut pas contrôler les autres. Malheureusement, tout le monde n’a pas encore trouvé son cœur.

Question : Vous êtes encore guidé par votre maitre ?

Oui. Depuis que j’ai commencé à enseigner… Alors peut-être que je l’ai été pendant toutes ces années, mais je n’en étais pas conscient. Mais depuis que j’ai recommencé à faire… Enfin, recommencer, non, je ne l’avais jamais fait. Depuis que j’ai commencé à faire ce qu’il m’a appris à faire, en tout cas en présentiel, oui. Il est de nouveau… Enfin, je le sens de nouveau présent. Et là, j’en parlais justement avec les personnes avec qui je travaille, il y a quelques semaines. On s’est fait une réunion il y a quelques semaines. Et je leur disais, il va être temps qu’on fasse une (session de Gao Neng Gong et de transmission d’énergie) parce que je sens Maitre Lao qui tape à la porte et qui me dit qu’il va falloir que je m’y remette. J’écoute, j’écoute. Je dis : « Oui, il faut que je fasse rentrer ça dans mon planning. OK avec plaisir. » J’adore. Il m’a laissé l’image qu’il utilisait pour canaliser. Je l’ai faite agrandir. Maintenant, c’est un truc qui doit faire deux mètres sur trois. Je l’affiche dans la salle. Et je fais exactement comme il m’a appris. Il m’avait donné sa musique, donc je mets sa musique. Il y des moments, j’ai vraiment l’impression qu’il est là. Il est là. Mais oui, c’est un vrai bonheur.

Question : Merci beaucoup pour votre témoignage. Moi, j’avais une question. Vous avez beaucoup parlé du Shen. Quel rapport avec l’âme ? Est-ce que c’est la même chose ? Est-ce que c’est autre chose ?

Alors, je vais essayer de ne pas faire un cours. Je ne vais pas parler de médecine chinoise, je vais parler de ma vision des choses telle que j’ai comprise, avec les différents chamanes, les différentes traditions. La différence qu’il font entre l’Esprit… et quand on parle de l’Esprit, dans le chamanisme, on parle de l’Esprit avec un E majuscule. Dans notre langage français, c’est le même mot. Dans d’autres langues, il y a des mots différents. En anglais, on a spirit pour l’Esprit, et on a mind pour le mental. Nous, on dit souvent l’esprit pour parler de ce qu’on a dans la tête. Moi, quand je parle de l’Esprit, c’est l’Esprit, le grand Esprit, le Shen. Ce que j’ai compris avec le temps, parce que c’est une question que je me suis beaucoup posée, c’est une question qui me taraude depuis que j’ai 17-18 ans. L’Esprit n’a pas d’identité, n’a pas de mémoire. L’Esprit est immortel, immuable, il ne bouge pas. Enfin, il ne bouge pas. Il ne change pas. L’âme a une histoire. L’âme peut avoir des souvenirs de vies précédentes, ou qu’on emmène des choses avec soi, ça c’est l’âme.

Ce que j’ai compris avec les différents chamanes avec qui j’ai travaillé et qui ont tous la même opinion par rapport à ça, c’est qu’en fait, l’âme est l’intermédiaire entre le mental et l’Esprit. L’âme, elle est teintée du mental, puisqu’elle a des souvenirs, mais elle est aussi immortelle. Donc elle est aussi teintée de l’Esprit. En fait, c’est vraiment l’intermédiaire. Et si on se penche plus sur la médecine chinoise, ce qu’on appelle l’âme, dans les concepts de la tradition chinoise, c’est le Hun. Le Hun, c’est l’âme qui, après la mort, va remonter vers le ciel. On a deux âmes en nous. On a les Hun, qui sont rattachées au Foie, et les Po, qui sont rattachées au Poumon et au Gros Intestin. Et au moment de la mort, la partie Hun se dirige vers le ciel, part avec l’Esprit, avec le Shen, et le Po descend à la terre. Mais pour eux, en médecine chinoise aussi, ce n’est pas la même chose. Voilà, mais j’essaie de vous en dire un peu sans rentrer dans la complication. Pour moi, l’âme est un intermédiaire.

Question : Donc, le Shen, c’est lui l’Esprit avec un grand E ?

Exactement. C’est lui l’empereur. C’est lui l’habitant du cœur. Quand les Chinois – en médecine chinoise – parlent d’empereur, et quand on dit le Cœur, c’est l’empereur, en fait, ce n’est pas le Cœur qui est l’empereur. C’est le Shen.

Question : Merci pour la richesse de votre intervention. J’avais une question sur les soins chamaniques. On entend beaucoup parler des voyages (chamaniques), des animaux totems, du travail par exemple avec le feu. Est-ce que vous pourriez nous en dire un petit peu plus sur justement ce que c’est finalement, concrètement, pratiquement, ces soins chamaniques ?

Oui. On n’est pas couchés.

Président de l’association : Ils ne sont pas pressés ! (Rires)

Maître Lao ou Emaho vous diraient : « Allons-y. On va plutôt le faire, ce sera mieux. »

Il y a différentes formes de soins chamaniques effectivement, vous en avez cité quelques-uns. Pour moi, le voyage chamanique n’est pas un soin. Le voyage chamanique, c’est se mettre dans un état modifié de conscience pour aller la plupart du temps voyager dans son monde intérieur, ce qu’on appelle le monde en bas dans le chamanisme, pour mieux se connaître soi-même. On peut aller aussi dans le monde du milieu en voyage chamanique pour aller à la rencontre des Esprits de la nature, les différentes forces de la nature dont j’ai parlé effectivement. En voyage chamanique, en fait, on va aller voir leur forme subtile. En fait, quand on n’est pas capable de voir – ce qui est mon cas – avec ses propres yeux dans le monde de la réalité ordinaire ce que j’ai dit tout à l’heure : les méridiens ou la forme subtile des êtres vivants, le voyage chamanique nous permet ça. C’est ça qui est bien dans le voyage chamanique, le but c’est de voir. On peut aller dans le voyage chamanique par exemple rencontrer les Esprits des arbres. Quand on va dans la forêt quand on voit les arbres, moi je vois des troncs, des branches, des racines, je ressens peut-être plus si je me mets à l’écoute de mon ressenti, mais mes yeux ne voient pas beaucoup plus. Par contre, en voyage chamanique, je vais les voir. Je vais voir les Esprits des arbres, je vais voir les Esprits de l’eau, je vais voir les Esprits du feu, je vais voir les Esprits des animaux. Si je vais dans mon monde d’en bas, je vais aller voir les Esprits de mes Ancêtres, je vais aller voir mes différents animaux totem. Ça, j’ai besoin du voyage chamanique pour le faire.

Les animaux totems, je sais que c’est quelque chose qui plaît beaucoup. Pour faire simple, l’animal totem, on en a plusieurs, mais l’animal totem principal, on peut en changer au fur et à mesure de la vie. Ce n’est pas nous qui choisissons, ça se fait. Comment je vais dire ça ? C’est la version animale de notre personnalité, comme on est aujourd’hui. Contacter son animal totem, ça permet de mieux se connaître soi-même. Quand on voit qu’on est tel animal, on connaît les caractéristiques de cet animal-là. En fait, ces caractéristiques, on a les a aussi. Rencontrer son animal totem, c’est un voyage à la découverte de soi-même, de notre personnalité. L’animal totem, ce n’est pas notre cœur. C’est notre personnalité.

Les Chinois diraient que l’animal totem de votre cœur… On a tous le même. Les Amérindiens diraient un autre, mais les Chinois diraient que l’animal totem de votre cœur, c’est le dragon. Parce que le dragon, c’est l’Esprit. C’est le Shen. C’est lui, le dragon. Je ne parle pas des animaux totems, des éléments là. Je parle vraiment de la force créatrice de vie. C’est pour ça qu’on disait que l’empereur était le fils du dragon. Les Amérindiens diraient que c’est le grand aigle, celui qu’ils appellent le grand Esprit. En fait, pour les Amérindiens, l’animal qu’on a tous dans le cœur, qui on est véritablement en essence, c’est un grand aigle. Mais l’animal totem, dont on parle en général dans le chamanisme, surtout en Occident, c’est l’animal qui change au fur et à mesure de notre évolution. On n’a pas le même au fur et à mesure de notre vie, puisqu’on change, puisqu’on évolue. Notre personnalité, notre histoire, notre vécu, notre être entier évolue. Donc l’animal totem, il change. Mais c’est l’animal qui correspond à notre personnalité, c’est différent. Est-ce que ça répond à votre question ?

Par contre, les soins chamaniques avec le feu, c’est encore autre chose. Là, on est plus dans le soin chamanique. Là, ça va ressembler à des soins de la médecine chinoise. C’est un peu ce que je disais tout à l’heure avec Maître Lao qui prenait le feu. Alors, Maitre Lao, il prenait le feu comme ça, c’est-à-dire qu’il allait chercher le feu du soleil ou le feu de la terre, il l’amenait dans le corps. Emaho, avec qui j’ai travaillé après, qui était un amérindien du Nouveau-Mexique, lui, il utilisait un vrai feu et il mettait sa main dans le feu. En fait, il nous avait expliqué qu’en fait, il pouvait mettre sa main dans le feu sans se brûler puisqu’il était en relation vraiment avec le feu qu’il avait dans son cœur. En médecine chinoise, le coeur, c’est le feu. Le feu qu’il avait dans son coeur était suffisamment éveillé pour que le feu de son coeur et le feu matériel qui était à l’extérieur se reconnaissent. Donc, il mettait sa main dans le feu et j’ai déjà compté en le regardant faire, mais il pouvait laisser plus d’une minute sa main dans le feu et il ne se brûlait pas. Et il se servait de ce feu pour aller faire ses soins et pour aller, comme il disait, éclairer la conscience. Ça, c’est une autre forme de soin chamanique. Après, chaque chamane a son outil, son élément de prédilection. Maître Lao travaillait avec l’énergie cosmique, l’énergie des planètes, l’énergie des étoiles et c’est ça qu’il amenait. Il travaillait un peu avec le feu, mais il allait chercher le feu dans les étoiles, dans le soleil, dans la terre. Il n’utilisait pas l’élément. Emaho utilisait l’élément. Il y a d’autres chamanes, je n’ai pas travaillé avec eux, mais je sais qu’il y en a d’autres qui travaillent avec l’eau. Il y en a d’autres qui peuvent travailler… Chez les druides, il y en a qui travaillent, par exemple, avec les arbres, avec les plantes. Il y a des guérisseurs qui travaillent uniquement avec les plantes. Chacun a sa particularité. C’est pour ça qu’il y a des soins chamaniques. Il en existe des tas.

Et quelque part, le Qi Gong est un soin chamanique, comme je l’ai expliqué tout à l’heure. Quand vous faites des automassages en conscience, vous vous faites un automassage chamanique, si vous vous connectez à l’élément qui est dans votre organe, ça devient chamanique.

Question : Quand on travaille en Qi Gong avec l’énergie des arbres, il se passe des choses. Les arbres ont aussi leurs états d’âme. Il y a des fois où on est très bien avec un arbre, et il y a des fois où l’arbre vous repousse parce que ce n’est pas son jour, ce n’est pas son moment. Donc les arbres sont guérisseurs pour nous. Il y a des échanges énergétiques. Comme nous, on peut les aider. Pareil, ce sont des échanges. Et il y a aussi les êtres de la nature qui habitent les arbres, les roches, les élémentaux de l’eau, de la terre, du feu. Et ces êtres… On dit que chaque arbre a son faune.

C’est ça dont je parlais tout à l’heure qu’on voit en voyage chamanique. C’est ça. Tout à fait. C’est vrai que c’est quelque chose que je n’ai pas précisé tout à l’heure, et vous avez raison. Ils ne sont pas toujours prêts. Et c’est quelque chose qu’on fait dans les pratiques comme ça, avec les forces de la nature, quand on fait des choses à l’extérieur. On commence par faire les quatre étapes dont je parlais tout à l’heure, et au moment où on fait la quatrième étape de l’appel aux Esprits, avant de faire quoi que ce soit, on demande l’autorisation. Parce que je VEUX aller faire un soin avec l’arbre. Non. Et comme dirait ma proche amie avec qui je travaille et qui est druidesse : « On demande l’autorisation, et on attend la réponse. » (Rires)

Et s’il n’y a rien, ça ne veut pas dire oui, ça veut plutôt dire non. Ce n’est pas « qui ne dit mot consent avec les Esprits de la nature », c’est plutôt le contraire. C’est pour éviter des désagréments, parce que des fois, ils vous repoussent, mais des fois, ils ne sont vraiment pas contents. Parce que les arbres, ce sont des gens sympas, mais les rochers, des fois, ils le sont beaucoup moins. Donc, c’est ce que j’explique, quand on anime des groupes dans la nature, on demande l’autorisation, et on attend la réponse. Effectivement. Parce que sinon, on peut avoir des ennuis.

Question : Oui, et chacun vit son niveau. Il doit recevoir ou non.

Et puis il y a des arbres ou des êtres de la nature pour qui ce n’est pas le moment. Si un arbre, il est trop jeune, ou s’il est malade, on ne va pas aller l’embêter.

Question : Au contraire, on va aller l’aider.

Ben oui ou alors, il ne veut pas. C’est possible ! Ça m’est déjà arrivé.

Question : Chacun son heure.

Et puis, il ne veut pas avec moi, mais peut-être qu’avec vous, il va bien vouloir. On choisit bien notre prof de Qi Gong, on choisit bien notre thérapeute en médecine chinoise. Les arbres, ils ont le droit aussi. Non, non, toi, tu ne conviens pas…

Question : La nature et nous, nous ne faisons qu’un.

J’ai eu le cas, quand je suis allé, il y a deux ans, chez les Navarro. J’avais trouvé un endroit extra. J’ai vraiment senti qu’il y avait des cérémonies qui se déroulaient là, dans Monument Valley, mais pas là où vont les touristes, derrière, loin. Je m’approche. Je fais mes quatre étapes. J’approche à 15-20 mètres. Je fais mes quatre étapes dont je parlais tout à l’heure. Je demande l’autorisation, et je n’ai pas de réponse. Je n’aime pas. J’avance un petit peu. Je recommence ma demande. Toujours rien. Je me doutais qu’il y avait un truc qui n’allait pas, donc j’avance. Et à un moment, ça a été clair : « OK, tu bosses bien, mais toi, ton rôle, c’est de bosser avec les Esprits qui sont chez toi, pas ici ». Eh bien, je n’y suis pas allé sur l’endroit sacré. Je suis reparti. J’ai laissé tranquille l’endroit sacré. Je l’ai repéré. J’étais très heureux d’avoir eu la capacité de le trouver, d’avoir réussi à entrer en connexion avec les forces de la nature qui étaient là. J’étais fier de moi, quelque part, d’avoir fait ça bien, comme il faut. Ils ne m’ont pas accepté, mais ils ont été cool. Non, non, c’est bien, mais va bosser avec les tiens.

Question : Moi, il m’est arrivé quelque chose, quand j’ai commencé le Qi Gong, mon maître travaillait beaucoup avec les arbres, avec les Esprits de la nature. Et, il m’avait emmené, chez un particulier, dans la forêt. Et je vois un arbre magnifique. Je suis émerveillée par l’arbre, je suis attirée par l’arbre. Et mon mental, a dit, oui car je m’étais vue, mon front contre l’écorce de l’arbre. Magnifique. Tout de suite, j’avance, mon pied touche la racine de l’arbre, et j’ai été éjectée à plusieurs mètres derrière. Donc, il voulait être en contact avec moi, mais sur le plan subtil, et non pas sur le plan physique.

Oui, oui, à distance. C’est ça qu’on apprend aussi dans le chamanisme et que j’ai beaucoup aimé : le respect du vivant. Parce que ce sont tous des êtres vivants comme nous.

Question : Merci pour tout ce que vous avez dit. Et moi j’ai une question sur cette histoire du consentement sur un plan subtil. J’ai parlé à quelqu’un d’intermédiaire qui travaillait aussi avec les élémentaux, et il m’avait expliqué, qu’il avait tenté à plusieurs reprises de soigner un chat qui avait une forme de lèpre, et qu’en réalité, l’animal ne voulait pas. En fait, sur un plan subtil, il ne voulait pas être guéri. Est-ce qu’il y a cette forme de demande, au niveau des soins, dans ce protocole des quatre au moment de l’autorisation, est-ce qu’il y a quelque part…

Oui, c’est au même endroit. C’est dans la quatrième étape : l’appel aux Esprits. Quand on travaille sur un être humain, on contacte, on peut dire, ça dépend de votre langage, mais on peut contacter l’énergie de la personne, on peut contacter la partie subtile de la personne, je n’ai pas la prétention de dire que je suis capable de contacter le Shen de la personne, mais moi je demande toujours. Quand j’ai la main sur le Dan Tien, je demande toujours. Et des fois, c’est non. Après, ça dépend de la personne. Il y a des personnes qui sont capables d’entendre, d’autres pas. Donc dans ces cas-là, je fais de la médecine chinoise mécanique. Et je ne touche pas au subtil, je ne touche pas au reste. Je fais ce qu’on me demande, ce que me demande la personne, mais tout ce qui n’est pas abordable, touchable, je n’y touche pas. J’ai rarement eu de non avec des adultes, j’ai déjà eu des non avec des enfants. Et là dans ces cas-là, je fais… Je suis désolé de dire ça, mais je fais du placebo. Je fais pour le mental de l’enfant, je ne fais pas pour le reste. Et je laisse faire.

Question : Vous avez dit tout à l’heure que le chamanisme était à la mode actuellement. Pour rentrer dans cet état modifié de conscience, il est conseillé parfois d’utiliser des plantes ou des substances particulières. Est-ce que c’est vrai ?

Ah, c’est une bonne question, c’est vrai que je n’en parle jamais moi de ça. Parce qu’en fait, je n’ai travaillé qu’avec des chamanes qui étaient contre ça. Mais c’est encore pratiqué dans certaines cultures tribales, effectivement, la consommation de plantes hallucinogènes. C’est à ça que vous faites allusion ? Moi je suis contre. Je n’ai pas appris comme ça. Maître Lao ne travaillait pas avec ça. Emaho ne travaillait pas avec ça. Et j’avais demandé à Emaho, je n’ai pas eu le temps de demander à Maître Lao, mais j’avais demandé à Emaho ce qu’il en pensait et si je pouvais le faire, parce que moi ça m’attirait quand même d’essayer. Il m’a dit : « Non. De toute façon, toi t’as pas besoin de ça. Tu es déjà bien assez… Ce n’est pas pour toi.

Quand on écoute les chamanes aujourd’hui, en tout cas ceux que je connais et ceux dont j’ai suivi les enseignements, l’humanité n’est plus dans ce temps-là. Aujourd’hui, l’être humain n’a plus besoin d’hallucinogènes pour entrer dans l’état modifié de conscience. Il y a d’autres techniques. Carlos Castaneda que vous connaissez peut-être, qui a écrit énormément d’ouvrages sur le chamanisme et qui est mort depuis quand même pas mal de temps. Dans ses premiers ouvrages sur le chamanisme, il a expliqué tous les hallucinogènes qu’il prenait alors. A la fin de sa vie, il a dit que l’humanité était rendue à un moment où on n’avait plus besoin d’utiliser ça. Surtout, surtout, les occidentaux, on n’a plus besoin d’utiliser ça. Il y a d’autres façons de faire pour entrer dans l’état modifié de conscience que d’utiliser des plantes hallucinogènes. Pas parce qu’elles sont interdites, mais parce que ce n’est plus le temps. Ce n’est plus le temps, on n’est plus dans cet état-là, on n’est plus dans ce niveau de vibration. On est dans cette énergie-là. Voilà, c’est comme ça que j’ai été formé, donc je ne les utilise pas. Je n’en ai jamais consommé, je ne les utilise pas et je ne conseille pas ça. Il y a d’autres techniques qui ne marchent pas très bien.

Question : Mais, ça a eu lieu ?

Ça a eu lieu, oui, bien sûr. Il y a plein de cultures (tribales) dans certains pays où ça se fait encore. C’est pour ça, d’ailleurs, qu’il y a tout un tourisme occidental dans ces pays-là pour aller consommer ce genre de choses car ils pensent qu’ils vont voir la réalité. À la base, les plantes hallucinogènes dans la pratique chamanique sont utilisées en début de processus d’apprentissage. En fait, les aînés, les chamanes, les gens qui sont déjà arrivés, donnent des plantes hallucinogènes à leurs apprentis pour que les apprentis goûtent, non pas à la plante, mais à ce que c’est que d’avoir la vision chamanique et d’être dans un état modifié de conscience. Ensuite, ils les sèvrent, c’est-à-dire qu’ils n’ont plus le droit d’en prendre. Et ils doivent retrouver tout seuls le chemin pour arriver jusqu’à cet état sans la plante. Et c’est ça, le processus d’apprentissage. À la base, ça servait à ça. Et en fait, à partir d’un certain moment, les chamanes n’en prennent plus parce qu’en fait, ils n’en ont plus besoin.

Je ne sais pas si vous avez déjà lu les livres d’Éric Julien, un Français qui travaille avec les Kogis, l’un des peuples premiers de Colombie. J’ai adoré ce passage où ils vont en Amazonie parce qu’il n’y a plus les oiseaux qu’il y avait avant en Colombie. Ils n’en ont plus car ils ont été décimés. Donc, ils n’ont plus les plumes de couleurs dont ils ont besoin pour faire leurs rituels. Depuis longtemps. Et Éric Julien a eu l’idée fantastique d’emmener quelques Kogis en Amazonie, là où il y a des oiseaux, des quetzals qui ont des plumes colorées. La tribu des Kogis a ainsi rencontré une tribu dont j’ai oublié le nom, je suis désolé, en Amazonie. Et dans cette tribu d’Amazonie, ça fait encore partie du rituel, surtout au moment des cérémonies, de faire la cérémonie de l’ayahuasca, cette fameuse liane hallucinogène. Et donc, dans la soirée, ils font passer l’ayahuasca et ils en boivent. Et les Kogis boivent. Les Kogis qui étaient là, c’était tous des Mamus. Eux, ils ne disent pas des chamanes, ils disent des Mamus. Si je vous explique la formation des Mamus, c’est quelque chose. Les Mamus chez les Kogis, avant qu’ils naissent, on sait qu’ils vont être Mamus. Il y a des signes qui permettent de savoir que ces enfants-là vont devenir chamans. À ce moment-là, la mère se met dans une tente spéciale où elle est dans le noir. Et elle va passer les derniers mois de sa grossesse dans le noir et elle va accoucher dans le noir. Et le petit ne sortira de la tente qu’à 18 ans. Et il va vivre jusqu’à 18 ans dans le noir pour pouvoir voir. Bon, c’est une autre éducation, non ? Et alors ces mêmes Kogis arrivent en Amazonie et il y a l’ayahuasca qui circule. Et les Kogis étaient morts de rire parce que…

  • Ça vous fait quoi, vous ?
  • Là, on voit des…
  • Ah oui, moi je les voyais déjà tout à l’heure.

Parce qu’ils sont dans l’état (modifié de conscience) tout le temps. Ils n’ont pas besoin (de prendre des plantes hallucinogènes). Donc, ils pouvaient boire de l’ayahuasca, c’était comme de l’eau, pareil. Je trouve ça excellent ! (Rires)

Je ne sais pas si ça répond à votre question, mais c’est trop drôle. Ah, j’avais prévenu Marie, qu’il faudrait sûrement m’arrêter, parce que quand je suis parti…

Marie : Thierry fera ça le moment venu, quand ce sera nécessaire.

D’accord. Vous m’arrêtez quand vous en avez ras-le-bol. Vous me le dites. (Rires) Je vous ai dit, moi, c’est ma vie, c’est plus qu’une passion. Est-ce qu’il y a d’autres questions ?

Question : Merci pour ce que vous partagez, c’est vraiment gentil. Quand vous dites que dans la quatrième étape qu’il faut faire appel aux Esprits, vous entendez quoi par Esprits ?

Quand on dit l’appel aux Esprits, ça dépend. En fait, les trois premières étapes sont toujours les mêmes : Terre, Coeur, Ciel. Et en fait, la quatrième étape, c’est en fonction de ce qu’on veut faire. Quand on fait un soin de médecine chinoise, c’est là qu’on demande l’autorisation à l’Esprit de la personne. Si on va faire quelque chose avec les Ancêtres, c’est là qu’on va appeler les Esprits des Ancêtres. Si on veut aller travailler avec les arbres, on va appeler à ce moment-là les Esprits des arbres. Si on veut faire quelque chose où on a besoin (de se protéger), par exemple le matin en se levant, on peut demander à notre Esprit protecteur de nous accompagner, de nous guider, de nous protéger toute la journée. C’est à ce moment-là qu’on va appeler notre Esprit protecteur.

Question : Les anges ?

Oui les anges font partie des Esprits protecteurs. Tout à fait, bien sûr. Après, chacun a ses Esprits protecteurs. C’est en fonction de vous, en fonction de vos croyances, en fonction de votre culture, bien sûr.

Question : Et quand on s’ouvre, il ne faut pas y avoir des Esprits négatifs ?

Justement, c’est pour ça qu’il faut faire ce protocole-là, pour se protéger. Parce qu’effectivement, quand on est dans un état modifié de conscience, quand on est en connexion, on ouvre les portes, on expose sa vulnérabilité. C’est pour ça qu’il faut se protéger. Et c’est pour ça que je demande à la Terre, c’est pour ça que je demande à mon Cœur, c’est pour ça que je demande au Ciel, c’est pour ça que je demande aux Esprits protecteurs. Comme ça, je suis en sécurité. Il y a plein de gens, même quand je fais des soins de médecine chinoise qui me disent « Mais vous faites comment pour vous protéger de tous les miasmes que les gens transportent ? » Ah ben, vous savez, moi, les miasmes que les gens transportent, je les ressens parce que j’en ai besoin (pour les soigner). C’est pour ça que je ne me blinde pas. Parce que si je me blindais, je ne ressentirais plus rien. Donc, je ne me blinde pas. Donc, en fait, je ressens. Des fois même, je ressens dans mon corps. Mais c’est aussi – il y a tous ces systèmes de protection – mais c’est aussi une attitude mentale. C’est-à-dire que tout ce que je ressens, ce n’est pas à moi. Donc, comme ce n’est pas à moi, ça ne reste pas. Alors, ça m’arrive, parfois, de me faire piéger. Ça m’arrive de temps en temps. Ça m’est arrivé cette semaine. Non, la semaine dernière, ça m’est arrivé. Je n’ai pas fait gaffe. J’ai voulu rendre service, je n’ai pas fait gaffe. Bon, après, j’ai demandé, j’ai fait… Il y a les techniques de nettoyage. En Qi Gong aussi, vous avez des techniques de nettoyage.

Mais oui, (se protéger) c’est important. Parce que, effectivement, quand on est là-dedans, on ne peut pas avoir la conscience dans la protection et dans le soin en même temps. Ce n’est pas possible. Personnellement, je n’y arrive pas. Donc, comme je suis dans la vulnérabilité pour pouvoir ressentir, pour pouvoir aider, j’ai des techniques de protection pour ça. C’est à ça que sert le protocole des 4 étapes. Est-ce que vous avez d’autres questions ?

Question : Alors, j’avais deux questions. En fait, vous venez de parler des techniques justement de nettoyage. Je serais curieuse d’en entendre quelques-unes. Et la deuxième question, qui est reliée aux anges, etc., je me demandais quel parallèle, comment est-ce qu’on fait le lien avec tout ce que vous venez de dire et les religions, les grandes religions du monde, d’une manière générale ?

Wow ! Alors, les techniques de nettoyage, ça va être plus de mon ressort. Moi, ma technique de nettoyage préférée que je trouve la plus efficace et que j’ai apprise il y a très longtemps, c’est ce que j’appelle le scan de lumière. Je l’utilise comme à l’intérieur du protocole des 4 étapes, quand je demande à la lumière du ciel de descendre comme une douche, et en fait, je la fais passer absolument partout, un peu comme un scanner.Et en fait, je traque, c’est vraiment un terme chamanique ça la traque, je traque les ombres. Et, je vais même vous en dire un peu plus, je suis parti pour. Le secret de cet auto-soin, puisque c’est un auto-soin. On peut le faire aussi sur quelqu’un, mais c’est un auto-soin d’abord. Et on commence toujours en chamanisme par se soigner soi-même, avant même de toucher les autres. Le secret, c’est d’être concentré et de ne pas lâcher. Parce qu’en fait, ce qui peut se passer, et ce qui se passe toujours, c’est qu’à un moment, quand vous allez dans un endroit de votre corps où il y a des choses qui ne veulent pas partir, celles-ci vous emmènent ailleurs. Je prends un exemple. Je commence mon scan de lumière, j’arrive aux épaules et d’un coup, ça me gratte (au niveau du bras) ! Ça y est, je ne suis plus là (aux épaules), c’est foutu. Donc je recommence. Ou il y a une pensée qui vient, et je ne suis plus dans ce que je fais. Donc le scan de lumière, ce n’est pas juste passer la lumière, ça demande d’être extrêmement concentré. C’est ça le secret, et il faut aller, comme je dis toujours à mes élèves, il faut aller jusqu’au bout. Il faut arriver à le faire du sommet du crâne jusqu’aux orteils, jusqu’aux talons, en une fois, en passant partout, en ne faisant pas d’écart. Mais ça marche extraordinairement bien. Mais ça nécessite de la détermination et de la ténacité. Mais ça marche merveilleusement bien. Comme je disais tout à l’heure, c’est l’intention. Voilà, il faut être dans l’intention. La technique, elle est simple. Il ne faut pas lâcher. Comme disait Emaho, il faut être sans complaisance, à ce moment-là.

Qu’est-ce que vous m’avez demandé d’autre ? Les religions. Qu’est-ce que je peux vous dire sur les religions ? Qui suis-je pour vous parler de ça ? Qu’est-ce que vous vouliez savoir ? Parce que pour moi, le chamanisme, d’après ce que j’ai appris, c’est la plus ancienne forme de spiritualité, mais ce n’est pas une religion. Il n’y a pas de livre, il n’y a pas de texte. C’est se relier au vivant. Je pense que les religions feraient bien de nous y relier un peu plus. Je pense. Après, il y a des choses vraiment très bonnes, très belles, magnifiques dans les religions. Je ne sais pas quoi vous dire de plus.

Question : C’était plus une comparaison, parce que souvent on parle aussi d’énergie justement des anges, de Jésus.

Alors pour moi, les anges, Jésus, ce n’est pas de la religion. La religion, ce sont les hommes.

Question : Oui, oui. Je parlais plutôt des personnes comme Jésus, Mahomet, etc.

Pour moi, ce sont des maîtres. La religion, c’est différent. Pour moi, ce sont des maîtres et ils étaient connectés, eux, au vivant sur tous les plans.

Question : En Qi Gong, on utilise l’énergie vibratoire des sons. Je n’y connais rien en chamanisme, mais il me semble que dans le chamanisme, vous utilisez des tambours ou des gongs ?

Oui. Ça dépend des cultures chamaniques, mais bien sûr, dans certains chamanismes, on utilise les tambours.

Question : Est-ce que vous pouvez en dire un petit peu plus sur les techniques vibratoires ?

C’est vrai que ça fait partie des techniques qu’on utilise à la place des plantes. Effectivement, plutôt que d’utiliser des plantes hallucinogènes pour entrer en état modifié de conscience, on peut utiliser les sons. Il y a plein d’instruments de musique qui peuvent être utilisés. Le corps humain peut en être un, effectivement, quand on fait soi-même des sons, pour amener la personne… En fait, on entre en état modifié de conscience. Je vais essayer d’être plus précis. Il y a une façon d’y entrer. Physiquement, qu’est-ce qui se passe quand on entre en état modifié de conscience ? Ça, ce n’est pas avec Maître Lao que j’ai appris ça, ce sont vraiment des preuves scientifiques d’aujourd’hui. On change d’émission d’ondes cérébrales au niveau de notre cerveau pour que ça puisse… Il y a une raison.

En fait, notre cerveau, il est constitué très simplement de trois grandes parties. On a le néocortex, qui est la partie avant, qui ressemble à un cerneau de noix. C’est comme ça qu’on voit le cerveau. C’est la partie raison, c’est le néocortex. On a à l’arrière ce qu’on appelait avant le cerveau reptilien et qu’on appelle maintenant le cervelet. C’est notre instinct de conservation qui est là. Dans le néocortex, c’est plus le côté raison. Et entre les deux, constitué de tout un tas de choses, je vais être simple, il y a ce qu’on appelle le système limbique. Et notre problème, qui fait qu’on est dans un état de réalité ordinaire la plupart du temps, c’est que notre système limbique est imperméable. Il est comme un mur entre notre néocortex et notre cerveau reptilien qui est à l’arrière. Dans la vie de tous les jours, dans le monde de la réalité ordinaire, les différentes parties de notre cerveau ne communiquent pas entre elles. C’est pour ça qu’on peut se retrouver, la plupart d’entre nous bien entendu, on se retrouve en conflit interne, très souvent. Parce que notre néocortex, notre raison, et notre cerveau reptilien, l’instinct de conservation, la mémoire ancestrale, ne sont souvent pas d’accord. L’exemple que j’utilise toujours et qui parle le plus, on essaie de faire un régime pour perdre du poids. Ça, c’est une décision raisonnée. On décide, donc on commence à faire plus de sport, on commence à moins manger. Comment il réagit, lui, le cerveau reptilien à l’arrière ? Il se dit : « Houla, il mange moins, il y a une famine. Il fait du sport, il a plus de prédateurs. Donc, va falloir faire des réserves. » Et on ne perd pas de poids ou on commence à perdre, et ça s’arrête. Parce qu’on est en conflit interne. Bon, c’est quelque chose qui n’a rien à voir avec le chamanisme, mais c’est pour vous faire comprendre comment fonctionne notre cerveau. Et en fait, pour que toutes les parties de notre cerveau communiquent entre elles, ce qui va nous permettre de passer la porte de l’état modifié de conscience, il faut que le système limbique ne soit plus imperméable, mais qu’il devienne perméable. Alors effectivement, comme vous le disiez, il y a certaines substances hallucinogènes qui permettent ça. Mais l’autre façon la plus simple et la plus facile de mettre quelque chose en vibration, c’est le son. Et il a été prouvé qu’avec le tambour battu à une certaine fréquence, ça amène le système limbique en vibration. Les bols chantants, les bols tibétains, des choses comme ça, à une certaine vibration, à une certaine tonalité, ça amène le système limbique en vibration, exactement comme quand une cantatrice fait un contre-ut et qu’elle va briser un verre. Ce n’est pas la puissance de sa voix qui va briser le verre, c’est la fréquence (de sa voix). En fait, sa voix arrive à la même fréquence vibratoire que le verre, et le verre éclate parce qu’il n’a plus de substance. C’est exactement ce qui se passe au niveau de notre système limbique. Effectivement, le son peut amener notre système limbique en vibration, et là, toutes les parties de notre cerveau communiquent entre elles, et là, on voit à un autre niveau, on rentre dans un état modifié de conscience.

Question : Est-ce que vous faites une différence entre l’état modifié de conscience et la transe ?

La transe est un état de modifié de conscience. Après, il peut y avoir des états de modifié de conscience qui ne sont pas de la transe. Un voyage chamanique n’est pas de la transe, mais c’est un état de modifié de conscience. C’est différent. Il y a plusieurs sortes d’états de modifié de conscience. Tout dépend comment on y entre et avec quelle intention. Quand on veut faire du voyage chamanique, effectivement, on s’allonge et on est aux portes du sommeil. Quand on est dans la transe, on n’est pas allongé. Les deux sont des états de modifié de conscience. C’est encore une fois l’intention qui change.

Question : Ce qu’on appelait avant les sorties astrales, c’est ce que vous appelez le voyage chamanique ou on est sur autre chose ?

Je n’ai pas cette réponse. Je n’ai pas cette réponse, parce que ce n’est pas quelque chose que j’ai expérimenté. En fait, je vous parle de ce que m’a transmis Maître Lao, mais je parle aussi de tout ce que j’ai expérimenté moi. Je n’aime pas enseigner des choses que j’ai juste apprises. Je me suis beaucoup intéressé à ça quand j’étais plus jeune, avant de connaître le chamanisme. Je sais qu’il y avait des personnes très pointues qui font ça très bien. Mais ce n’est pas quelque chose que j’ai expérimenté.

Je n’ai pas l’impression que dans le voyage chamanique, ce soit vraiment ça. Mais je n’en sais pas plus. Parce que pour moi, le voyage astral, c’est une partie de soi-même qui sort du corps physique pour aller ailleurs, dans le monde du milieu, dans le monde ici. Et je n’ai jamais vécu ça en voyage chamanique. Peut-être que c’est la même chose, mais je ne l’ai jamais identifié comme ça. Ce serait intéressant d’en discuter. Je n’ai jamais eu cette opportunité-là de discuter avec des sommités du voyage astral pour savoir comment elles font et ce qu’elles en pensent et comparer nos ressentis. Ce serait très intéressant. Mais je n’ai pas toutes les réponses. Je l’ai dit avant que vous commenciez à poser les questions.

Question : Ça me convient.

D’autres questions ?

Question : Une question qui est vraiment pratique. C’est pour vous demander si vous intervenez pour animer des ateliers sur Paris ? J’ai commencé à regarder votre brochure. Je crois que vous êtes du côté de Nantes. Est-ce que vous consultez sur Paris ? Est-ce que vous animez des ateliers ?

Effectivement, je consulte en présentiel à Nantes et à Saint-Nazaire. Quand j’anime des ateliers, en général, c’est en Bretagne. Je fais de plus en plus, comme je vous l’ai dit, de plus en plus de visio. Mais des ateliers sur Paris, non. Ça fait bien longtemps que je n’ai rien animé sur la région parisienne. Je suis content d’y revenir d’ailleurs. Puisque que je suis là. Alors, j’anime une conférence ce soir à Versailles. (Rires) Mais je n’ai pas l’atelier demain qui correspond. Une prochaine fois, pourquoi pas. S’il y a du monde et un lieu, moi je viens. Avec plaisir. Le lieu, il est trouvé. Avec plaisir. Ça s’organise. J’ai un groupe l’année dernière qui m’a demandé de venir en Belgique. Je suis venu. Je suis allé animer un atelier en Belgique. Donc, c’est à mi-chemin Paris. Avec plaisir.

Président de l’association : Est-ce qu’il reste encore des questions ? Il ne faut pas repartir en disant : « Mince j’aurais dû lui poser des questions ». Faites-le là. N’hésitez pas.

Question : L’hypnose ?

Je crois que ce n’est pas moi qui devrais répondre, là. Ce n’est pas mon rayon. Alors, il y a des techniques chamaniques qui sont rentrées dans l’hypnose. Mais, ce n’est pas mon métier.

Marie : C’est le mien.

Je sais, c’est pour ça que j’hésite. Je sais qu’il y a ce qui s’appelle en chamanisme la technique de la récapitulation qui, grâce à Bandler, a été adaptée à l’hypnothérapie et à la P.N.L. C’est une technique pour déprogrammer les traumatismes. C’est une technique chamanique à la base. Mais c’est à peu près tout ce que je peux vous dire sur l’hypnose. Je ne connais pas plus que ça. J’ai affaire à des hypnothérapeutes autour de moi, mais ce n’est pas quelque chose que moi j’étudie. Comme je vous dis, je vous parle que de ce que j’ai pratiqué.

Question : Aujourd’hui, il y a des praticiens qui utilisent les deux.

Hypnose et chamanisme ? Comme je vous dis, la récapitulation elle vient du chamanisme et elle est utilisée par l’hypnothérapeute.

Marie : Je vais quand même dire un petit mot. Je pense qu’il y a quelque chose sur l’état de conscience modifiée. L’état de conscience modifiée est un point commun.

Vous voyez, ce n’est pas mon domaine. Je n’y ai même pas pensé.

Marie : A la base, il y a quelque chose sur le fait de mettre en résonance des parties du cerveau.

Oui, c’est ça. Ce n’est pas mon domaine, donc je n’y ai même pas pensé à le dire. Chacun son domaine. Voilà. Est-ce que vous avez d’autres questions, Messieurs et Mesdames ?

Question : Qu’est-ce qui vous amené à faire de la médecine traditionnelle chinoise ?

Oula ! Ça c’est une sacrée question. Je ne pense pas avoir toutes les réponses, conscientes en tout cas. Parce qu’effectivement, je suis rentré à l’école de médecine chinoise, j’avais 17 ans. Ça faisait déjà au moins un an et demi que j’avais envie de faire ça. Je me suis rendu compte à ce moment-là… Enfin, j’ai pris conscience de ça plus tard parce que quand on est gosse, on ne se rend pas forcément compte de ce qu’on fait. Je pense qu’en fait, j’ai commencé à faire des soins énergétiques, je devais avoir 7 ans. Mais je ne savais pas ce que je faisais. Je faisais sur les jambes de ma famille. J’arrivais à remettre des choses en place. Je dénouais les choses au niveau du dos.

Mes patients me le disent toujours aujourd’hui. Je suis très doué pour trouver là où c’est coincé. Et pour appuyer dessus. Et ça depuis que je suis petit. Et en fait, ce n’est pas du tout ce que je pensais faire comme métier. Et puis à un moment, vers 15-16 ans, ça a été clair. La culture chinoise était quelque chose qui me passionnait. Mais ça a été clair qu’en fait – même sans savoir que c’étaient des soins que je faisais à ce moment-là – j’avais envie de développer ça. Mais pas en étant guérisseur ou en étant magnétiseur. Je voulais mettre de la structure pour comprendre ce que je faisais. Et pour ne pas être dangereux pour les gens. Et j’ai trouvé que la médecine chinoise… A l’époque, il y avait la médecine chinoise et la médecine japonaise qui m’intéressaient. A l’époque, la médecine japonaise n’était pas enseignée en France. La médecine chinoise, c’était déjà compliqué d’en trouver. Et j’ai trouvé que c’était quelque chose qui me parlait au niveau culturel et qui était extrêmement bien structuré et qui donnait beaucoup d’explications. Donc c’est ce qui m’a parlé et c’est comme ça que j’ai démarré. A l’époque, je me suis battu parce que personne dans ma famille voulait que je fasse ça. Mes parents étaient complètement contre. Ils voulaient que je fasse des études sérieuses. (Rires) Pas des trucs bizarroïdes, ésotériques, avec lesquels je ne gagnerai pas ma vie.

Question : Vous n’avez pas vécu dans le noir jusqu’à vos 18 ans ?

Non, je n’ai pas vécu dans le noir… Quoique d’une certaine façon, ce ne soit pas faux. (Rires) Peut-être, d’une certaine façon. Ouais. En tout cas, pas physiquement. Dans l’obscurantisme, peut-être. (Rires) Non, je n’ai pas vécu dans une tente comme les Mamus. J’aurais gagné du temps. Je n’ai pas plus de réponses que ça, même encore aujourd’hui. Mais je pense que j’avais ça à l’intérieur. Parce que pour que de démarrer des soins à 7-8 ans, sans savoir ce que je faisais. Je pense que c’était là. Mais ça m’a donné de la structure. Et j’ai rencontré, par la suite, une dame qui est devenue une très bonne amie qui est sur Nantes et qui est magnétiseuse. Elle n’a pas loin de 80 ans. Et elle travaille toujours, d’ailleurs. Et comme elle dit, elle mourra dans son cabinet, sur son siège. Parce que c’est… comme moi, c’est sa vie. Et en fait, quand elle était jeune, peut-être à peu près au même âge que moi, en fait, elle est devenue infirmière. Et elle est même devenue infirmière psy parce qu’elle voulait comprendre. Et elle voulait mettre de la structure dans sa pratique. On s’est vachement bien compris tous les deux quand on s’est échangé. Parce qu’en fait, on n’a pas les mêmes histoires, mais on a la même histoire là-dessus.

Question : Quelle est la différence entre le magnétiseur et le guérisseur ? Parce que le magnétiseur, il va donner son magnétisme à lui, il va s’épuiser. Alors que le guérisseur, il est connecté.

Ah oui ? Moi, je dirais que ça dépend. Ça, c’est la réponse à la chinoise, ça m’énervait beaucoup. Ça dépend. Je pense qu’il y a des magnétiseurs… Ma copine qui est à Nantes, je peux vous dire, elle est connectée. Mais, je suis d’accord avec vous, il y en a qui s’épuisent ou qui récupèrent les miasmes des gens. Il y a de tout. D’où l’intérêt d’être relié au vivant. Après, être capable de vous faire une définition entre guérisseur et magnétiseur, je ne sais pas. Pour moi, le magnétiseur est un guérisseur, mais le guérisseur n’est pas forcément magnétiseur. Parce qu’il y a des guérisseurs qui guérissent avec les plantes, il y a des guérisseurs… Un peu comme les chamans, il y a toutes sortes de guérisseurs. Le magnétiseur, c’est une forme de guérisseur. Mais… Je serais bien incapable de vous faire une vraie définition.

Président de l’association : Dans nos campagnes, on a des coupeurs de feu.

Aussi, oui. Mon arrière-grand-mère était comme ça. Oui, ça marche très bien. C’est du chamanisme.

Président de l’association : Est-ce que ça a un lien avec le Shen, le cœur lui-même ?

Je pense que oui parce qu’en général, les coupeurs de feu, ils prient pendant qu’ils font le soin, pendant qu’ils coupent le feu. Donc s’ils prient, ils se mettent en connexion avec le Shen, avec le leur ou avec un Shen plus haut, je pense que oui. De toute façon, le feu, c’est le cœur. On est complètement dedans.

Question : On peut le faire aussi instinctivement ?

Oui.

Question : Et ça marche ?

Oui, sûrement. Instinctivement, intuitivement.

Question : Est-ce que vous avez déjà été en contact avec des gens qui étaient formés en Reiki ?

En Reiki ? Oui, bien sûr. Il y en a plein. Il y en a tout autour de nous. Je suis sûr qu’il y en a peut-être un quart de la salle. Et c’est quoi votre question ? Est-ce que j’ai déjà été en contact ?

Question : Non, ma question, c’est sur la canalisation de l’énergie. Dans l’absolu, la manière de faire est la même qu’en médecine traditionnelle chinoise. Je voulais juste savoir si vous aviez des idées là-dessus.

Le Reiki, c’est canaliser l’énergie céleste. Le maître Reiki, il vous ouvre les robinets pour que ce ne soit plus votre énergie que vous donniez, mais que ce soit l’énergie cosmique qui vous transmettiez. Donc oui, c’est dans le même ordre d’idée. Moi, ce qui m’a manqué, ce qui me manque dans le Reiki, je trouve, ce n’est pas un jugement, c’est juste une remarque, je trouve qu’il n’y a pas assez de terre. Il y a plus de ciel que de terre.

Question : Il n’y a pas assez de Qi Gong.

Ben, c’est ça. On est d’accord. Parce que c’est bien d’ouvrir les canaux supérieurs, mais c’est bien de garder les pieds sur terre. Je trouve. Je ne suis pas maître Reiki, ce n’est pas moi qui suis… Je ne suis pas Mikao Usui, mais ça serait peut-être bien de les ouvrir un peu en bas aussi. Mais sinon, on parle de la même chose. Je suis d’accord avec vous.

Question : Un grand merci en tous cas

Avec grand plaisir. Je n’ai pas trop débordé, chef ?

Président de l’association : Non, non, aucun souci. Donc c’est bon ? Est-ce qu’il y a des questions… c’est bon ? Bien, écoutez, je pense qu’on vous laisse.

Merci à vous. « 

Conclusion

Je remercie chaleureusement l’association de Qi Gong de Versailles pour son invitation et son accueil, ainsi que toutes les personnes présentes pour la qualité de leur écoute, de leurs questions et des échanges partagés lors de cette conférence.

Si cette transmission résonne en vous et que vous souhaitez aller plus loin, j’accompagne aujourd’hui des personnes en médecine chinoise en ligne, à travers des bilans énergétiques, des soins à distance et des protocoles personnalisés, dans le respect de cette tradition ancienne adaptée au monde actuel.

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Je vous souhaite une belle continuation sur votre chemin de santé, d’équilibre et de conscience.

Conférence – Médecine chinoise – Chamanisme – Qi Gong – Énergie – Qi – Soins énergétiques

AVERTISSEMENT : Les conseils et les recommandations présents dans cet article sont tirés de mon expérience personnelle, mais aussi d’ouvrages de référence en médecine chinoise, en Qi Gong et en aromathérapie. Ces informations sont données à titre indicatif, et ne sauraient en aucun cas constituer une information médicale, ni engager ma responsabilité. Toute utilisation thérapeutique doit se faire sous le contrôle d’un praticien de médecine traditionnelle chinoise certifié ou d’un aromathérapeute qualifié.

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